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Dabealvi.La Sentinelle en mode veille - Centrafrique M.E.R.C.I

minusca

Le chef de la composante police de la MINUSCA fait le bilan des activités menées avec les FSI

18 Septembre 2018 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com Publié dans #police, #minusca, #centrafrique, #organisation

 UNE NOUVELLE TRANSITION
En janvier 2014 Catherine Samba Panza succède à Michel Djotodia à la tête de la transition centrafricaine. Les défis qui l’attendent sont colossaux. Désarmer les milices, restaurer l’autorité de l’Etat, organiser des élections, remettre la Centrafrique dans le concert des nations. Dans cette tâche, la nouvelle transition bénéficiera de l’aide d’une opération onusienne de maintien de la paix, la MINUSCA qui prend effet en septembre 2014, ainsi que de l’appui des autres forces internationales (Sangaris et Eufor-RCA)

http://webdoc.rfi.fr/centrafrique-sortir-abime-crise-seleka-anti-balaka/chapitres/chapitre-5.html

Centrafrique : La MINUSCA doit garantir la sécurité, l'état de droit et la lutte contre l'impunité

Le Chef de la composante police de la MINUSCA (UNPOL), Général Roland Zamora, a salué, mercredi à Bangui, la collaboration dynamique qui a prévalu entre l’UNPOL et les forces de sécurité intérieures centrafricaines (FSI), tout au long de sa mission en République centrafricaine. « Les réalisations sont toujours conjointes avec la police et la gendarmerie centrafricaines. La Police de la MINUSCA n’a pas vocation à remplacer les FSI », a indiqué le Général Zamora, dont la mission s’achève dans les prochains jours.

Au cours de la conférence de presse hebdomadaire de ce mercredi, le Chef de la police de la MINUSCA a évoqué les principales réalisations ainsi que les chantiers en cours notamment la validation par le Chef de l’Etat centrafricain, d’un plan quinquennal de renforcement des capacités des FSI (2016), le recrutement de 500 policiers et gendarmes (2017) ainsi que le renforcement des capacités. « Le plan est une avancée majeure et permettra aux bailleurs de se mettre ensemble pour appuyer les FSI. Le pays a besoin des FSI pour lutter contre la criminalité », a-t-il dit. A propos du recrutement, marqué par la sélection de jeunes de toutes les régions de la Centrafrique et par la présence de 23% de femmes, le Général Zamora a indiqué que les 500 policiers et gendarmes sélectionnés « suivent actuellement une formation de sept mois qui s’achèvera en octobre prochain ». Après trois ans et demi de service en Centrafrique, Chef de la composante police de la MINUSCA quitte le pays avec l’espoir de voir le processus de réconciliation nationale aboutir et contribuer à une paix durable.

De son côté, le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, a annoncé l’arrivée à Bangui de l’experte indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en RCA ainsi que d’une mission technique du secrétariat du comité des sanctions du conseil de sécurité. Cette mission technique aura pour but « en coordination et collaboration avec les autorités nationales d’identifier des indicateurs de suivi de la mise en œuvre et du respect du régime d’embargo et de sanctions sur la RCA ».

Le porte-parole a, au nom de la MINUSCA, salué le déploiement imminent des FACA dans la ville de Bangassou, ce qui va « permettre de sécuriser la ville, de lutter contre les groupes armés et de contribuer au retour à des conditions de vie normales pour la population ». « Les militaires FACA travailleront en étroite coordination avec les casques bleus déployés à Bangassou en vue de la sécurisation de la zone, notamment par le biais de missions conjointes », a-t-il indiqué.

Au chapitre protection de l’enfance, le porte-parole a affirmé que la MINUSCA et l’UNICEF « ont pris acte de la signature d'un plan d'action par le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) pour « prévenir et mettre fin aux violations graves commises contre les enfants, notamment le recrutement et l’utilisation ». Selon le porte-parole, « la MINUSCA et l’UNICEF notent que la signature d'un plan d'action par le MPC constitue un pas dans la bonne direction », tout en précisant qu’il faut « aller loin et procéder à la libération, par l’ensemble des groupes armés, de tous les enfants actuellement enrôlés et dont la place est à l’école ».

 

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Futurs Leaders Africains M.E.R.C.I

16 Janvier 2018 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com Publié dans #POLITIQUE, #ENERGIE SOLAIRE, #Sécurité, #minusca, #Droits humains, #boganda barthelemy

Dabealvi.La Sentinelle en mode veille - Centrafrique M.E.R.C.I

EN 33 ANS, ILS ONT DETRUIT UN ETAT : LE LIEUTENANT-COLONEL MANTION ET L'INSTABILITE POLITIQUE EN RCA

Après la dictature impériale [de Jean-Bedel Bokassa], qui avait fini par épuiser la complaisance post-coloniale de la France, la Centrafrique est mise sous tutelle par Paris. En principe indépendant mais, dans les faits, tributaire pour tout de la France, l’ex-nouveau régime de David Dacko a besoin de toujours plus de soutien extérieur pour se maintenir. Bientôt, ni le concours financier de Paris, ni la garantie sécuritaire de l’armée française à Bangui ne suffisent plus. Il faut augmenter les crédits et renvoyer des soldats français, également à l’intérieur du pays. Evacuée en 1965, l’ancienne base militaire française de Bouar, dans l’ouest, est réinvestie. Enfin, en plus des conseillers français à tous les postes névralgiques de l’administration, il faut un homme sûr dans le sanctuaire même du pouvoir local, à la présidence. Cette clé de voûte de cette reprise en main néocoloniale de l’État centrafricain sera le lieutenant-colonel Jean-Claude Mantion, agent des services secrets français (Direction Générale de la Sécurité Extérieure, DGSE). Rapidement surnommé proconsul, en raison de la prolifération de ses attributions, il gouvernera de facto la Centrafrique pendant treize ans.

A. TRIBALISATION SOUS TUTELLE FRANÇAISE

Jean-Claude Mantion arrive à Bangui, le 2 décembre 1980. Sa mission est aussi vague qu’importante : il doit protéger David Dacko, aussi de lui-même. Sous la pression d’une opposition virulente, menée par le MPLC d’Ange-Félix Patassé, et d’une population avide de changements réels, le président sombre en effet dans des phases dépressives de plus en plus longues. Le dos au mur, bien qu’il dispose de tous les moyens de l’État et du soutien de la France, il mène campagne pour sa réélection – qui s’assimile à un plébiscite a posteriori sur son retour au pouvoir imposé par Paris. Le 1er septembre 1981, les résultats officiels du second tour lui prêtent une avance si ténue sur son challenger Ange-Félix Patassé – 90 000 voix de différence, pour atteindre 50,23 pour cent – que les lendemains électoraux augurent de rudes batailles.
Nerveusement, David Dacko ne s’estime pas à même de les mener. Instruit par son attentisme de mauvais aloi en 1965, il prend alors une initiative pour le moins surprenante : il prévient Jean-Claude Mantion qu’il remettra, de son plein gré, le pouvoir aux militaires et demande à son ange gardien français de ne surtout pas intervenir. Il est prié, simplement, d’alerter Paris d’un coup d’État librement consenti. C’est dans ces conditions que le chef d’état-major de l’armée centrafricaine, le général André Kolingba, 45 ans, forme un Comité militaire de redressement national (CMRN) pour diriger le pays. Jean-Claude Mantion change de patron mais point de mission : il continue d’encadrer le nouveau chef de l’État, comme il l’avait fait pour l’ancien. Il a d’ailleurs rapidement l’occasion de prouver son utilité : le 3 mars 1982, en tenant d’une main ferme la Garde présidentielle, il déjoue une tentative de coup d’État fomentée par Ange-Félix Patassé et deux généraux en vue, François Bozizé et Alphonse Mbaïkoua. Les galonnés s’enfuient : Bozizé au Tchad, Mbaïkoua dans son village natal, à Markounda, sur la frontière tchadienne.
Quant à l’ex-Premier ministre de Bokassa mué en tribun de l’opposition, qui est également originaire du nord, il parvient à se réfugier à l’ambassade de France déguisé en commerçant musulman, le boubou flottant sur une mobylette. Sa présence y est des plus embarrassantes : comment, en effet, livrer au pouvoir ami en place un putschiste très populaire à Bangui, sans prendre le risque de déclencher des émeutes ? Des tractations s’échelonnent sur deux semaines avec, d’un côté de la table, le représentant officiel de Paris et l’ambassadeur, et, de l’autre, son compatriote et agent secret de la DGSE, Jean-Claude Mantion, mandaté par la présidence centrafricaine. L’image résume la singularité d’un moment postcolonial : la France parle à la France puisque, dans la Centrafrique des années 1980, elle est partout, de tous les côtés. En l’occurrence, elle se mettra d’accord avec elle-même pour délivrer un sauf-conduit à Patassé, afin qu’il parte en exil au Togo.
Personnage plutôt falot, le général Kolingba délègue volontiers des pans entiers de son pouvoir à Jean-Claude Mantion, en qui il a confiance. Cependant, pendant que l’œil de Paris veille sur la bonne marche de l’État, le président s’occupe de ce qui, à ses yeux, constitue l’essentiel : les affaires de familles, au sens large, à commencer par la sienne, les Yakoma, une ethnie minoritaire – moins de 5 pour cent de la population – qui vit sur le fleuve Oubangui, en face de parents plus nombreux au Congo-Kinshasa. Ainsi, pendant que Mantion négocie à l’ambassade de France le départ de Patassé, le général Kolingba ordonne-t-il qu’on dynamite les maisons de l’opposant et de ses proches à Bangui.
Il dépêchera aussi deux frères d’armes Yakoma dans les fiefs ethniques de ses ennemis putschistes : la première expédition punitive sera conduite par le général Djambo, qui rase et brûle plusieurs villages autour de Paoua, la ville natale de Patassé; l’autre est emmenée par le général Mazi à Markounda. « Devant l’impossibilité de distinguer les opposants des paisibles habitants des lieux, le général Mazi opta pour une solution radicale : le village de Markounda fut brûlé et de nombreuses personnes massacrées. Ces faits furent à l’origine d’une haine tenace des Kaba contre les Yakoma. La fracture nord-sud était née et sera plus tard instrumentalisée politiquement par Patassé, en termes de gens de la savane contre gens du fleuve.
En bon général, André Kolingba s’occupe également de l’armée et, en particulier, de sa Garde présidentielle. C’est ici, au cœur du domaine de compétences de Jean-Claude Mantion, en matière de sécurité, que l’on mesure le mieux à quel point le supposé « tout-puissant conseiller blanc » du chef de l’État, qui constitue une cible naturelle pour les attaques de l’opposition centrafricaine et des médias internationaux, est en réalité un leurre. Bien plus que la présence de « Lucky Luke », l’autre surnom local de Mantion, c’est le tribalisme de son patron qui aurait dû faire scandale : pendant que l’agent français assume les tâches d’un Premier ministre de l’ombre, le président place ses parents yakoma dans l’appareil d’État et dans les sociétés parapubliques.
« Il a inventé l’ethnicité, si l’on entend par là l’instrumentalisation de l’appartenance tribale à des fins politiques, dans un pays uni par une vraie langue véhiculaire, le sango, où l’origine des uns et des autres n’avait pendant longtemps aucune importance ». Au sein des Forces armées centrafricaines (FACA), cet entrisme crée des déséquilibres extrêmement préjudiciables pour l’avenir qui, à ce jour, n’ont pas encore été réparés : en quittant le pouvoir en 1993, après douze ans de règne, André Kolingba, maître buté d’un jeu de go ethnique, laissera à ses successeurs une armée nationale constituée, à 70 pour cent,de membres d’une ethnie ultra-minoritaire, la sienne.
La chute du mur de Berlin qui met fin à la Guerre froide, le retrait du gendarme de l’Afrique francophone qu’avait été la France et la mise en œuvre de ce que la presse française surnomme la « Paristroïka », en parallèle à l’abandon par l’ex-URSS de son glacis en Europe de l’Est à la souveraineté tout aussi limitée que celle des anciennes colonies du pré-carré de la France en Afrique, sont des forces tectoniques auxquelles Kolingba ne peut résister. Le 22 avril 1991, André Kolingba concède le multipartisme, qui est entériné en juillet grâce à une réforme constitutionnelle. « Je le fais parce que ceux qui nous paient me le demande », explique-t-il sans détour, en sango, à la radio nationale. Il sait bien qu’il sonne ainsi le glas de son pouvoir.
Mais il sait aussi qu’il ne saurait s’y maintenir sans le soutien massif et multiforme de la France. Or, dès juin 1990, à l’occasion du sommet France-Afrique de La Baule, le président François Mitterrand a lié l’aide française au progrès dans la démocratisation en Afrique. Dans ce nouveau tableau, le proconsul à Bangui, aux côtés d’un militaire plaçant ses parents pour mettre l’un des pays les plus pauvres du continent en coupe réglée, fait tache. Aussi, André Kolingba doit-il consentir à ce qui s’assimile, de son point de vue, à un suicide assisté : des élections pluralistes, sans triche, qu’il ne peut que perdre. Vu de Paris, la fin de l’ère Mantion à Bangui s’impose comme une nécessité inévitable. Les autorités françaises ne se font toutefois pas d’illusions sur le processus démocratique en Centrafrique. Elles redoutent par-dessus tout les risques qu’un départ forcé du général Kolingba fera courir à la stabilité de la plaque tournante des forces françaises pré-positionnées sur le continent.
Dès lors, l’ouverture démocratique à Bangui suit le cours défini à Paris. Organisé entre le 1er et le 20 août, un grand débat national permet d’apurer les comptes du passé avant que les Centrafricains ne se rendent, les 22 août et 19 septembre 1993, dans les bureaux de vote pour des élections législatives et présidentielle réellement pluralistes et incontestables, les premières dans l’histoire du pays. André Kolingba aura bien tenté de faire dérailler ce processus en annulant in extremis, en 1992, un premier scrutin et en graciant l’ex-empereur Bokassa entre les deux tours du vote de 1993, dans l’espoir de semer la pagaille en le faisant sortir de prison. Mais la France veille au grain démocratique, comme elle avait veillé auparavant à la pérennité des régimes mis en place par elle. À l’arrivée, elle se sera démenée, avec succès, pour assurer la logistique et la régularité d’une élection exemplaire, à grand renfort de rotations d’hélicoptères, d’observateurs internationaux et d’urnes transparentes. C’était le but, il est atteint.
Qu’importe alors que l’heureux élu, Ange-Félix Patassé, vainqueur au second tour sur le socialiste Abel Goumba, avec 52,5 pour cent des voix, ait été dans le passé violemment anti-français et putschiste, qu’il ait organisé le sacre de Bokassa, son mentor politique auquel il s’efforce de ressembler jusqu’à la limite du mimétisme, qu’il soit démagogue à souhait, ayant fait campagne en promettant une usine à fabriquer des billets de banque à chaque village où une majorité voterait pour lui. La France est « lasse de corriger la fortune de ses anciennes colonies africaines ».Elle espère, certes, que la tenue d’une élection dans le respect des règles servira de gage à un avenir plus démocratique en Centrafrique ; mais elle n’y croit guère. En revanche, elle considère ce vote incontestable « comme le cadeau d’adieu d’une puissance tutélaire pour qui il est grand temps de se retirer d’un État théoriquement indépendant depuis trente-trois ans ».

DÉMOCRATIE ET CHAOS

Dans sa lente remontée à la souveraineté, la Centrafrique passe un cap en 1993 : pour la première fois depuis l’indépendance, la volonté populaire s’est exprimée librement. La victoire d’Ange-Félix Patassé constitue une alternance démocratique. Elle rompt avec les simulacres d’élections qui, pendant la Guerre froide, reconduisaient invariablement l’homme fort à la présidence que son occupant ne quittait que contraint et forcé, victime d’un coup d’État. Pour cette raison, le pléonasme « démocratiquement élu » devient d’usage quand les scrutins en Afrique cessent d’être des plébiscites de candidats uniques ou des compétitions jouées d’avance. Ange-Félix Patassé se targue de ce nouveau titre de gloire qu’il va confondre – il n’est pas le seul – avec un blanc-seing de gouvernance.
Ce qui sera d’autant plus fâcheux qu’après trois présidents originaires du Sud depuis l’indépendance (David Dacko et Jean Bedel Bokassa, tous deux Mbaka, et André Kolingba, un Yakoma), il est le premier homme politique du nord à accéder à la magistrature suprême. Le fait, en soi, n’a guère d’importance. Mais il se charge d’une signification politique lourde dès lors qu’il s’inscrit dans une perception de polarisation politique – les gens de la savane contre les gens du fleuve – que le nouveau chef de l’État va grandement exacerber, par maladresse ou calcul.
« On ne peut démocratiser qu’avec des démocrates, et l’arithmétiques tribale prévalant à l’occasion d’une élection démocratique ne suffit pas à transformer un cacique du système Bokassa en un artisan de l’évolution démocratique ». Le jugement, émis par Jean-Paul Ngoupandé,est sans appel pour Ange-Félix Patassé. Toutefois, l’héritage que doit assumer Patassé en arrivant au pouvoir est lourd : son armée est une milice tribale dont il n’a pas entièrement tort de penser qu’elle lui est hostile. Pour commencer, il cherche alors à garantir sa sécurité rapprochée en reversant les Yakoma de la Garde présidentielle dans les rangs des Forces armées centrafricaines (FACA). Ce qui suscite le mécontentement des intéressés, privilégiés sous l’ancien régime.
Puis, la grogne des militaires se fait générale quand il s’avère que la nouvelle Sécurité présidentielle est également une milice tribale, cette fois-ci presque exclusivement constituée de Sara-Kaba, la « famille » ethnique septentrionale du nouveau chef de l’État. La rivalité entre cette garde prétorienne et la troupe « clochardisée » des FACA va provoquer, sur fond de crise sociale sans précédent, une martingale de mutineries qui achèveront de ruiner l’économie et l’État centrafricains.

1. Mutineries à répétition

L’état de grâce du nouveau pouvoir n’est que de courte durée. Dans l’élan de sa prise de fonctions, Ange-Félix Patassé parvient à éponger douze mois d’arriérés de salaires dans la fonction publique, mais ils sont vite reconstitués par des retards successifs. L’exaspération sociale gagne alors les rangs de l’armée. Le 18 avril 1996, quelque deux cents soldats du Régiment de défense opérationnelle du territoire (RDOT) manifestent pour réclamer trois mois de retard de solde. Ils occupent la radio, prennent plusieurs personnalités en otage et tentent d’attaquer la présidence. La Garde présidentielle sort. L’affrontement fait sept morts et une quarantaine de blessés. Les soldats français du camp Béal quadrillent alors Bangui pour protéger les ressortissants étrangers. Privés de marge de manœuvre sur le plan militaire, les mutins mettent fin à leur mouvement, qui a duré quatre jours.
Un mois plus tard, le 18 mai 1996, la rumeur – vraie ou fausse, on ne le saura jamais – que l’armurerie du camp Kasaï, la base du RDOT, passerait sous le contrôle de la Garde présidentielle, déclenche une nouvelle irruption de colère au sein des FACA. Cette fois, la mutinerie dure onze jours et implique plusieurs centaines de militaires. Encadrés par des sous-officiers, leurs revendications se font plus politiques. En même temps, Bangui est mise à sac, avec la participation enthousiaste des nombreux laissés-pour-compte dans la capitale. L’armée française monte une importante opération, « Almandin II », pour évacuer plusieurs milliers d’étrangers. Elle sauve aussi du pillage la brasserie Mocaf, propriété du groupe français Castel. S’élevant à 43 morts et 238 blessés, le bilan des violences est sensiblement plus lourd qu’en avril. De nouveau, le déploiement des forces françaises contraint les mutins et le pouvoir à la négociation.
Un gouvernement d’union nationale, conduit par Jean-Paul Ngoupandé, se met en place. Au cours de ses huit mois d’existence, il parvient à organiser les états généraux de l’armée, en vue d’une restructuration profonde des FACA avec l’aide de la coopération française, et à faire adopter par l’ensemble des partis politiques – une trentaine – un programme minimum commun. Mais une troisième mutinerie, déclenchée le 15 novembre 1996, a raison de ces efforts. À la suite d’un incident mineur, des centaines de soldats essaiment en ville pour prendre le contrôle des quartiers sud de Bangui, le long du fleuve. Une fois de plus, l’armée française intervient pour enrayer l’escalade militaire. Mais, cette fois, les fils du dialogue tardent à se renouer, la capitale centrafricaine reste divisée pendant de longues semaines et deux militaires français – un officier et un sous-officier en patrouille – sont abattus à un barrage des mutins, de tirs dans le dos.
Le bilan des représailles exercées par l’armée française va demeurer inconnu. Selon des sources centrafricaines dignes de foi, il a été de « plusieurs dizaines de civils, pris dans le feu ouvert sur les mutins qui ont cherché à s’abriter à l’intérieur des quartiers ». Cette intervention punitive provoque, à Paris, une vive réaction de Lionel Jospin, alors premier secrétaire du Parti socialiste, sur l’interventionnisme d’un autre temps et le respect dû aux « morts africaines ». Sa déclaration rompt avec l’habituel consensus observé par la classe politique française dès lors qu’il s’agit d’opérations militaires en Afrique.
Bien que restant sans suite, ce début de débat public met en relief le dilemme dans lequel le gouvernement français s’est enfermé depuis le début des mutineries en rafales à Bangui. Le choix semble cornélien : faut-il assister, l’arme au pied, à la prise de pouvoir des mutins, au risque de se voir reprocher le lâchage d’un président démocratiquement élu et longtemps considéré comme anti-français ? Ou, quitte à redevenir le gendarme de l’Afrique, faut-il voler au secours d’Ange-Félix Patassé, bien que celui-ci multiplie les abus de pouvoir, du péculat à grande échelle à l’assassinat politique ?
Finalement, les autorités françaises tentent de sortir du piège par un mouvement en deux temps : d’abord, en portant la présence militaire française à Bangui de 1400 à 2300 hommes pour y maintenir l’ordre constitutionnel, au besoin par les armes ; puis, en passant le relais à une force internationale d’interposition afin de pouvoir rapatrier les troupes françaises, à la faveur d’une stabilisation provisoire de la situation. Cette solution du type « un pas en avant, deux pas en arrière » doit mettre Paris à l’abri d’une nouvelle mise en accusation, tantôt pour ingérence, tantôt pour abandon. Mais elle comporte aussi le risque du cumul.
(…)

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Dabealvi.La Sentinelle en mode veille - Centrafrique M.E.R.C.I

« Le fait d’être un acteur qui n’a pas d’intérêts politiques ou économiques, mais seulement humanitaires, me donne une plus grande force pour avoir un impact plus opérationnel » râ https://my.worldgn.com/join/iworlddabealvi

 

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M. Onanga Anyanga petit poucet de la minusca, votre vue est bien basse prenez de la hauteur, Vous n'avez pas le profil ni l'autorité de l'emploi

22 Septembre 2016 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com Publié dans #section, #securite, #minusca, #centrafique, #situation, #dabealvi, #onanga anyanga

M. Onanga Anyanga petit poucet de la minusca, votre vue est bien basse prenez de la hauteur, Vous n'avez pas le profil ni l'autorité de l'emploi

"Il nous revient trop très cher pour une mission impossible ....

Reconnaissez votre échec M. Onanga Anyanga et déguerpissez en vitesse avant que la foudre de mes ancêtres ne s'abatte sur vous"~Râ
https://centralafricanrepublicnews.wordpress.com/2016/10/06/centrafrique-revelation-pourquoi-m-onanga-anyanga-et-sa-bande-ont-ils-protege-lassassin-du-commandant-mombeka/

Depuis le début du conflit en Cote d’ivoire, Ou comment l’ONU favorise l’impunité et l’épuration ethnique en les cachant sous le tapis. Cette source évalue à 230 tués l’attaque du camps de déplacés de l’ONU de Nahibly par les milices ethniques FRCI et dozos le 20 juillet 2012. ~AbidjanTv

LA SECTION SÉCURITÉ DE LA MINUSCA, EN FAISANT ALLUSION AUX ÉVÉNEMENTS DE SEPTEMBRE 2014 ET 2015, ESTIME QUE LA SITUATION SÉCURITAIRE ACTUELLE EN CENTRAFRIQUE PEUT SE DÉTÉRIORER À TOUT MOMENT, «COMME OBSERVÉ DE PAR LE PASSÉ, LA SITUATION SÉCURITAIRE EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE PEUT SE DÉTÉRIORER À N’IMPORTE QUEL MOMENT SI ON SE RÉFÈRE AUX ÉVÉNEMENTS ANTÉRIEURS QUI SE SONT PRODUITS EN SEPTEMBRE 2014 ET 2015 » LIT-ON DANS LE DOCUMENT ENVOYÉ AU PERSONNEL DE LA MISSION.

Il est recommandé aux membres de la Minusca d’être plus vigilants en dehors des installations des Nations-Unies et d’avoir en permanence les moyens de communication, d’avoir sur soi les documents de voyage et de faire des réserves nécessaires pour le survie « s’assurer que vous disposez de provisions suffisantes en cas de restrictions de mouvements. Ceci peut se résumer en terme d’eau, repas froid, d’argent, de produits pharmaceutiques » précise le document de la Minusca.

PENSEZ VOUS A LA SITUATION DU PEUPLE CENTRAFRICAIN ?

Vous ne méritez pas le GROS salaire de votre mission chez nous cher MINUSCA & co !

http://centrafiqueactu.com/2016/09/22/centrafrique-la-minusca-recommande-des-mesures-a-son-personnel-par-rapport-a-une-possible-deterioration-securitaire/

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Centrafrique à l'image de la Côte d'Ivoire : le désarmement, la démobilisation et la réintégration des ex-combattants en bonne voie

21 Septembre 2016 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com Publié dans #desarmement, #minusca, #Sécurité, #paix, #panneaux solaires

Centrafrique à l'image de la Côte d'Ivoire : le désarmement, la démobilisation et la réintégration des ex-combattants en bonne voie

En Côte d'Ivoire, un déjeuner-débat a eu lieu entre les responsables de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et ceux de l’Autorité pour le désarmement la démobilisation et la réintégration (ADDR). Le Directeur de cette autorité, Fidèle Sarassoro a dans sa présentation noté que 74.068 ex-combattants ont été identifiés depuis 2013 et qu'en retour 20.936 armes ont été collectées. Ainsi, en juin 2015, il restera à l'ADDR à insérer 18 000 ex-combattants.

Le rôle de l'ONUCI dans le processus DDR est défini par les résolutions 1528, 1609 et 1765 du Conseil de sécurité des Nations Unies La Section chargée du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion (DDR) de l'ONUCI veille à ce que le processus DDR en Côte d'Ivoire soit conforme aux standards internationaux pour être crédible et a appuie et favorise le dialogue entre les forces ex-belligérantes (FDS et FAFN) et les structures en charge du processus. La Section DDR travaille en collaboration avec les structures nationales en charge du processus tel que la Primature, les états-majors des forces ex-belligérantes, le CCI et le PNRRC. Ce travail se fait au niveau stratégique avec la Primature et les états-majors et au niveau opérationnel avec le CCI et le PNRRC.

La section DDR dans le processus DDR en Côte D'Ivoire a donc le rôle d'appuyer la planification et l'élaboration de concepts d'opérations et de plans d'actions pour le désarmement, la démobilisation des milices et le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des combattants (DDR).

La section vise aussi à coordonner l'aide logistique apportée par la mission au processus DDR et à travailler en collaboration avec le PNUD et les autres agences du système des Nations-Unies ainsi que les partenaires nationaux et internationaux impliqués dans la réalisation des projets de réinsertion des ex-combattants.

En outre, l'ONUCI a développé un plan d'action et une politique spécifique au DDR à travers l'élaboration d'un concept des opérations, l'établissement d'un ratio armes-combattants, la mise en place d'un plan de stockage des armes et de destruction des munitions et armes défectueuses. La Section DDR a également apporté un appui logistique pour la mise en place de trois(3) sites de regroupement au Nord et la mise en place de quatre points de collecte d'armes dans l'Ouest du pays. La Section DDR dans le cadre de son appui au processus de réinsertion des ex combattants démobilisé et des jeunes a risque a lancé en partenariat avec le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développent) le Programme de 1 000 microprojets.

(Reportage de Cesar Kouadio Yao, ONUCI-FM)

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CENTRAFRIQUE: La semaine du désarmement

21 Septembre 2016 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com Publié dans #desarmement, #minusca, #demobilisation, #reinsertion, #rapatriement, #dabealvi

CENTRAFRIQUE: La semaine du désarmement

La semaine du désarmement (qui a lieu chaque année lors d'une semaine qui comprend la journée du 24 octobre - Journée des Nations Unies) a été instaurée en 1978 pour parler du danger de la course aux armements. À ce moment, les États-Unis et l’URSS entretenaient une rivalité pour devenir la plus grande puissance d'influence mondiale, dans le cadre de ce que l'on a appelé la "Guerre froide".

Aujourd’hui, les Nations Unies continuent d’appeler au désarmement, car c’est uniquement par cette voie que l’on peut arriver à la paix et à une sécurité durable pour les humains. En effet, la Semaine du désarmement tente d’éduquer les populations en démontrant que la sécurité s’obtient d’abord par le désarmement, plutôt que par la contre-attaque ou l'accès à des armes pour se "protéger".

Pour l’ONU, le désarmement doit aussi s’accompagner de la démobilisation des soldats et de la réintégration de ceux-ci dans la société et dans un milieu de vie non violent, digne et décent.

En 2013, les dépenses militaires mondiales s'élevaient à 1750 milliards de dollars. Quand on sait que des millions de personnes ne mangent pas à leur faim, n'ont pas accès à de l'eau potable et décèdent de maladies anodines faute de soins de santé accessibles et de qualité, cette situation a de quoi choquer.

Des mesures pour contrôler et réduire l’armement sur la planète sont toutefois prises sur la scène internationale depuis plusieurs décennies. Malgré tout, il reste encore beaucoup à faire : les États sont les principaux acteurs du désarmement, mais il y a aussi de nombreux groupes ou partis politiques ayant leur propre groupe armé qui doivent aussi se joindre à l’appel international du désarmement et unir leur efforts pour contribuer à bâtir un monde de paix et de justice.

Actions proposées

- Faites une simulation de l’ONU dans la classe. Donnez-vous le défi de rédiger une déclaration sur le thème du désarmement.

PANNEAUX SOLAIRES EN CENTRAFRIQUE - LA PAIX AVEC L ' ELECTRICITÉ POUR TOUS OUI!

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CENTRAFRIQUE: Protocole d'Accord et Remise de l'Etude de Faisabilité Technique et Financière

28 Août 2016 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com Publié dans #minusca, #energie solaire, #centrafrique, #dabealvi

CENTRAFRIQUE: Protocole d'Accord et Remise de l'Etude de Faisabilité Technique et Financière

Bangui, le 22 Août 2016
Ministère des Mines et de l'Energie

Signature du Protocole d'Accord et Remise de l'Etude de Faisabilité Technique et Financière du Projet 100 MWc-Centrafrique. Une deuxième étude portant sur le programme de construction des infrastrustures scolaires suivra.

Sur la photo : M. Léopold MBOLI FATRAN, Ministre des Mines, de l'Energie et de l'Hydraulique et Dr François MBOLIDI, Consultant.

Affaire à suivre... cliquez ici

CENTRAFRIQUE: FORMATION DES TECHNICIENS CENTRAFRICAINS EN ENERGIES SOLAIRES

DANS LE CADRE DES PROJETS ÉNERGÉTIQUES QUE NOUS DÉVELOPPONS EN FAVEUR DE NOTRE PAYS LE CENTRAFRIQUE, UN VOLET FORMATION DES TECHNICIENS EST PRÉVU. CETTE FORMATION POURRAIT SE METTRE EN PLACE DES LA PROCHAINE RENTRÉE SCOLAIRE, SI TOUTEFOIS LES NOUVELLES AUTORITÉS NOUS DONNENT LE FEU VERT.

http://snmbowebo.ning.com/profiles/blogs/centrafrique-formation-des-techniciens-centrafricains-en-energies​

QUATRE MILLIARDS POUR LANCER L’INDUSTRIE DES ENERGIES RENOUVELABLES EN CENTRAFRIQUE POUR UN PEUPLE OISIF …


https://dabealvi.wordpress.com/2016/08/27/le-president-virtuel-centrafricain-a-dit-en-verite-je-vous-le-dis-la-paix-naitra-quand-le-peuple-aura-ses-panneaux-solaires/


Consultation de « - LA PAIX AVEC L ' ELECTRICITÉ POUR TOUS » sur Dabealvi MultiSite Plateform - C : http://snmbowebo.ning.com/profiles/blogs/la-paix-avec-l-electricit-pour-tous

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CENTRAFRIQUE: En réarmant les FACA le pays sera divisé en trois

26 Août 2016 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com Publié dans #minusca, #Droits humains, #politique centrafricaine, #paix, #panneaux solaires

CENTRAFRIQUE: En réarmant les FACA le pays sera divisé en trois

Cette situation du réarmement est délicate

LA MINUSCA A LE DEVOIR DE DÉSARMER TOUS LES CHEFS DE GUERRE

« Il ne faut pas avoir beaucoup d’armes. A quoi bon créer une montagne d’armes et ensuite ne pas comprendre que faire avec, comme c’était le cas en URSS ? Mais nous devons créer une armée compacte pour qu'elle puisse être transférée vers n'importe quel théâtre d’hostilités. Nous avons un pays immense, le plus grand du monde et la population est assez petite – comme celle de la France et de l'Allemagne prises ensemble. C'est pourquoi, notre tâche est de créer une arme qui permettra à chaque soldat et à officier d’en remplacer cinq au combat. En outre, l'arme doit être capable de permettre aux soldats de ne pas se trouver sous le feu. »

Vers 2020, la Russie aura entièrement renouvelé l'armement des forces stratégiques nucléaires, a déclaré le vice Premier ministre Dmitri Rogozine en charge du complexe militaro-industriel du pays. C'est nécessaire pour l'exécution du but principal – la création en Russie de l'armée professionnelle, compacte et mobile qui pourra résoudre efficacement les tâches sur n'importe quel théâtre d’hostilités. Le programme du réarmement de l'armée, adopté dans le cadre de la réforme militaire russe, est réalisé suivant des rythmes accélérés. Comme le vice Premier ministre Dmitri Rogozine l’a communiqué, vers 2020, la Russie aura renouvelé l'armement des forces stratégiques nucléaires non à 70 %, comme il était supposé, mais à 100%. De plus, on mise non sur la quantité, mais sur les qualités principalement nouvelles des armes qui permettront d'augmenter la capacité défensive du pays sur fond de la réduction des effectifs, a indiqué Dmitri Rogozine.

Pour le rééquipement de l'armée, l'État a octroyé une grosse somme d'argent. Rien qu’en 2014, les dépenses du ministère de la Défense feront 2,3 mille milliards des roubles (60 milliards de dollars). Un rouble sur cinq sert à moderniser le bouclier antimissile de la Russie, affirme le commentateur militaire, le colonel en retraite Victor Litovkine. « Aujourd'hui, les nouveaux croiseurs stratégiques sous-marins de la classe de Iouri Dolgorouki entrent en service. Il y aura 8 croiseurs pareils au total. Sur chacun d’eux, il y aura 16 missiles Boulava avec 6 ogives nucléaires. Au total, aujourd'hui, nous comptons 423 missiles stratégiques avec 1494 ogives nucléaires. Et comme d’après le Traité de Prague sur la réduction des armements stratégiques offensifs, nous devons avoir 700 missiles montées et encore 100 en stocks et 1550 ogives sur eux, il est clair que nous n'avons pas d’objectif de réduire les forces stratégiques nucléaires. » Mais il est nécessaire de les moderniser. Par exemple, le missile balistique intercontinental légendaire Voïvode (selon la classification de l'OTAN – Satan) peut rester en service jusqu'à 2026. Les délais du service des missiles Sotka (d’après la classification occidentale - SS-19 Stiletto) touchent à leur fin. Pour les remplacer, on élabore en Russie le nouveau missile lourd au combustible liquide ICMB Sarmat, plus performant que Voïvode. Les missiles RC-24 Iars au combustible solide remplaceront les Sotkas. D’ici à la fin de l’année, trois divisions les recevront. L'arme moderne, y compris nucléaire, un produit des technologies de pointe, aidera à augmenter la capacité défensive de l’armée, ce qui correspond aux objectifs de la réforme militaire en Russie en général.


En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/defense/201409231022940756-le-rearmement-de-larmee-russe-va-croissant/

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Mon message s'adresse aux simplets d'esprits à ma hauteur de vue

4 Novembre 2015 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com Publié dans #politique centrafricaine, #minusca, #onu

MES CHERS COMPATRIOTES CENTRAFRICAINS,

NON AU RÉARMEMENT DES FORCES ARMÉES CENTRAFRICAINES

répression, suppression, répression, antiparasitage, refoulement, étouffement, interdiction, restreint, retenue, contrainte, modération, frein, maîtrise des groupes armés

- NOMINATION DES GENEREAUX CENTRAFRICAINS AUX COMMANDES DE LA MINUSCA

- AUTORISATION OFFICIELLE DES AUTORITÉS POUR UNE MASSIVE RÉPRÉHENSION DE LA MINUSCA POUR UN DÉSARMEMENT TOTAL ...

BANGUI, 4 novembre (Reuters)

- Plusieurs centaines de personnes, dont des membres du Conseil national de transition (CNT, Parlement provisoire), ont défilé mercredi dans les rues de Bangui pour réclamer le réarmement de l'armée nationale afin de faire face aux violences dans la capitale centrafricaine. Les Forces armées de la République centrafricaine (Faca) ont été mises sur la touche en 2013 après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles de la Séléka, en majorité des musulmans venus du nord du pays. La présidente par intérim, Catherine Samba-Panza, a demandé lundi à la mission de l'Onu en Centrafrique (Minusca) de rendre aux Faca les armes confisquées. ID:nL8N12X4LZ Depuis la fin septembre, les affrontements entre miliciens chrétiens et musulmans ont fait environ 90 morts à Bangui, une situation qui a conduit les autorités à repousser au 13 décembre les élections présidentielle et législatives initialement prévues le 18 octobre. Les violences pourraient également conduire le pape François à reporter la visite qu'il doit effectuer en République centrafricaine fin novembre. ID:nL8N12W0OJ

(Serge Leger Kokpakpa; Guy Kerivel pour le service français)

- Service Volontaire CentrafricainSVC

http://atelier.rfi.fr/members/REGNIERAndreLeopold

le SVC est destiné à encourager la mobilité des jeunes de 18 à 30 ans. Il leur permet de se mettre au service d’un projet d’intérêt général en Centrafrique durant 2 à 12 mois. Le SVC offre une expérience formatrice, développe la citoyenneté, permet de faire preuve de solidarité, de découvrir une autre culture, une autre langue, etc. Dans quelles conditions ? Le volontaire relève d’un statut particulier. Il bénéficie d’une prise en charge totale sur place et d’une indemnité dont le montant varie selon les pays. L’expérience acquise lors du SVC est reconnue par un certificat de SVC (évaluation de l’activité volontaire et mention des compétences acquises). Pour en savoir plus : http://www.jeunesseenaction.fr

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Barthélemy Boganda et l’Église catholique en Oubangui-Chari

1 Novembre 2015 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com Publié dans #politique centrafricaine, #minusca, #bangui, #paix, #reconstruction nationale

Père de la nation Centrafricaine
Père de la nation Centrafricaine

1 Né le 9 avril 1910 à Bobangui dans la Lobaye, en pleine forêt équatoriale, Barthélemy Boganda fut très tôt orphelin et élevé par les missionnaires catholiques, avant de devenir le premier prêtre catholique oubanguien le 27 mars 1938. L’historien centrafricain Raphaël Nzabakomada-Yakoma (1986 : 30), décrit ainsi les conditions historiques dans lesquelles Boganda vit le jour et passa son enfance :

« Ces territoires avaient subi, d’une manière générale, la même évolution depuis la fin du xixe siècle : d’abord des rapports antagonistes avec les Foulbé de l’Adamaoua, puis la soumission aux compagnies concessionnaires et à l’impôt de capitation à partir de 1893-1900, avec révoltes et répression, et enfin, en 1912, la domination allemande, en vertu du traité du 4 novembre 1911 par lequel la France, en échange de son protectorat sur le Maroc, cédait 25 000 km2 de territoire de l’aef à l’Empire Germanique. Devenus le Nouveau Cameroun, ces territoires participent, plus que toutes les autres colonies françaises, aux efforts de guerre et aux diverses opérations militaires, de 1914 à 1918. »

2L’évangélisation de l’Oubangui fut conduite par Mgr Augouard qui, en février 1894, fonda la Mission Saint-Paul des Rapides à Bangui, puis en septembre 1894 la Mission Sainte-Famille des Banziri. Missionnaire de choc, il devança même les autorités coloniales dans la prise en main de la colonie, la parsemant très vite de chapelles de brousse qui précédèrent l’édification des bâtiments administratifs.

3Un colonisateur et un missionnaire jouèrent un rôle important dans la vie de Boganda. Le colonisateur, le lieutenant Meyer, était administrateur de Mbaïki, qui, à l’époque, dépendait du Moyen-Congo. Le missionnaire, le père Herriau, de la congrégation du Saint-Esprit, était supérieur de la Mission catholique de Bétou dont le champ d’apostolat s’étendait jusqu’à Mbaïki. Lors d’une tournée, Meyer recueillit le jeune Boganda dont le père venait d’être tué par des miliciens pendant une expédition punitive. Sa mère subit le même sort peu après. Dans ces conditions tragiques, Boganda, devenu orphelin, fut envoyé dans un orphelinat de fortune de Mbaïki improvisé par le père Herriau.

4Après la fermeture de la Mission de Bétou en décembre 1921, le père Herriau amena Boganda à la Mission Saint-Paul des Rapides à Bangui, où il fit sa scolarité. Nous retrouverons les détails de cette période dans la partie réservée à la formation. Mgr Augouard, l’une des figures emblématiques missionnaires de l’Afrique centrale, déclarait en 1890 à Poitiers lors d’une conférence : « Notre apostolat s’exerce essentiellement auprès des enfants, par eux nous conquérons l’Oubangui pour la France et pour Dieu. » Pendant près de dix huit ans, soit durant plus du tiers de sa vie, Barthélemy Boganda fut l’élève des missionnaires de la congrégation du Saint-Esprit. Ces mêmes missionnaires feront de lui un homme politique.

5Grâce à Mgr Grandin, Barthélemy Boganda remplissait toutes les conditions et payait la caution pour se présenter aux élections législatives du 2e collège du 10 novembre 1946 à l’Assemblée de l’Union française. Le prélat, vicaire apostolique de Bangui expliquait ainsi son soutien : « On se lance en Oubangui : mais il y a tellement de gueulards anti-français que je n’ai pas hésité à lancer l’abbé comme adversaire aux Communistes, Socialistes, sfio, etc., qui croient que nous sommes des moutons muselés »1. Boganda fut donc encouragé par son supérieur à faire de la politique, contrairement à son cadet l’abbé Fulbert Youlou du Moyen-Congo.

6Devenu député, Boganda amorçait un autre versant de sa vie. Avec le temps, il devint un homme politique très influent dans la fédération des colonies qu’était l’Afrique équatoriale française (aef). Il fut aussi le fondateur de la République centrafricaine. Il mourut dans un accident d’avion le 28 mars 1959, peu après avoir quitté Berberati. Lors de ses obsèques, le 3 avril 1959, le père Féraille — vicaire général à qui Boganda disait : « Vous êtes un des rares Spiritains pour lequel j’ai de l’estime »2 —, déclarait devant le parvis de la cathédrale de Bangui « qu’avant de devenir l’élu du peuple, Boganda avait été l’élu de Dieu » (Siango 2004 : 59). Dans les grands moments de sa vie politique, Boganda ne manquait jamais de rappeler la continuité de sa formation, de son sacerdoce et de son mandat politique. Il affirmait être investi d’une mission divine pour la libération et l’éducation de ses frères. La solidité de sa vocation fut, probablement, l’explication la plus plausible de sa force charismatique.

« Il fut le premier prêtre, le premier grand homme politique, le premier maire élu de Bangui, le Président du Grand Conseil de l’aef (Afrique Équatoriale française) et enfin le fondateur de la République Centrafricaine le premier décembre 1958, quatre mois avant sa mort tragique » (ibid. :9).

7Nous étudierons d’abord la formation de Barthélemy Boganda et son ministère puis la rupture avec l’Église catholique.

La formation et le ministère sacerdotal de Barthélemy Boganda

8La première partie de la vie de Boganda était entièrement placée sous la protection et la direction des autorités religieuses qui le recueillirent quand il avait huit ou neuf ans, le conduisirent à la prêtrise et à l’apostolat, puis le menèrent à la vie politique quand il eut trente-six ans.

9C’est à la Mission Saint-Paul que Boganda reçut sa formation scolaire de base. Il devint chrétien le 24 décembre 1922 en recevant le baptême puis la confirmation le lendemain. Cette période, pendant laquelle il rencontra le père Calloc’h, eut une grande influence sur toute sa vie. Ce prêtre fut pour lui le modèle auquel il voulait ressembler. Boganda dit de lui plus tard :

« Premier de sa classe durant sa vie d’étudiant, philosophe remarquable, théologien averti, polémiste redoutable, il parlait le batéké et le lingala. Le ngbaka était sa langue habituelle. Il connaissait également le banda et le sango. Il était le dévouement et la bonté personnifiée sous un aspect austère de paysan breton, un être infatigable, un corps aussi dur que les roches de sa Bretagne. Cet homme, véritable anima sana in corpore sano,m’a vivement impressionné et marqué pour le reste de ma vie. Quatre années durant, tous les jours, les dimanches exceptés, il nous accompagnait, le fusil en bandoulière, sa pioche sur l’épaule, son coupe-coupe en mains, et, de 7 h 30 à 10 h, de 15 h à 17 h 45, il travaillait la terre avec nous, à Yangoumara, comme nous et avec nous il vivait du produit de son travail. L’agriculture était son apostolat. Il nous a appris à compter sur nous-mêmes et à tirer notre subsistance de la terre, à attendre tout de notre travail. Une dizaine de Monseigneur Calloc’h aurait transformé l’Oubangui en 20 ans [...]. Calloc’h était pour nous la France et l’Église, l’esprit et le corps, en un mot l’homme complet » (Kalck 1995 : 42).

10C’est à Mgr Calloc’h qu’il confia son désir de devenir prêtre. « J’étais cependant inquiet car je n’avais jamais entendu dire qu’il existait des prêtres de ma couleur », racontait-t-il plus tard3. Mgr Jean-René Calloc’h remarquait l’intelligence de l’enfant Boganda et surtout son extraordinaire volonté. Cet enfant se remettait lentement des maux dont il était atteint. Le jeune Ngbaka avait trouvé dans Mgr Calloc’h un véritable parent adoptif. Disposant de peu de moyens pour le fonctionnement de leurs Missions, les missionnaires étaient contraints de travailler eux-mêmes et de faire travailler leurs élèves. Les travaux manuels auxquels le jeune orphelin dû participer jouèrent un rôle éminent dans sa formation. Une trentaine d’heures de travail dans les plantations ne laissait guère de place à l’enseignement proprement dit, au catéchisme et à l’étude. Il fallait que le petit orphelin de la forêt soit particulièrement surdoué pour qu’en moins de trois ans il accède au baptême, à la maîtrise du français et accomplisse le cycle complet des études primaires. Baptisé à Noël 1922, Boganda écrivit plus tard ce qu’il en pensait :

« Le 24 décembre 1922, je devenais chrétien. J’avais douze ans. Être chrétien signifiait pour moi s’émanciper des coutumes ancestrales, devenir frère de l’humanité. J’ai été tellement déçu depuis. Le 25 décembre, après la première communion et la confirmation, je me présentai chez Mgr Calloc’h pour lui exprimer ma volonté de faire tout ce qui dépendait de moi, de me soumettre à toute sorte de discipline, pour pouvoir, un jour, sortir mon pays et mes frères de la situation où ils se trouvaient. Une seule porte pouvait m’être ouverte rendant possible cet idéal : le sacerdoce. Encore, je n’en étais pas sûr, n’ayant jamais entendu dire qu’il existait des prêtres de ma couleur. Je me hasardai : “Monseigneur, je veux travailler pour mon pays et mes frères.” Il connaissait déjà mes idées et mes dispositions. La réponse fut sèche : “C’est dur et c’est très long.” J’ai timidement répliqué : “Je serai dur pour moi-même et je mettrai les bouchées doubles.” Et je le fis » (ibid. : 43).

11En juillet 1924, Boganda avait achevé sa scolarité à Saint-Paul. Il n’existait dans la colonie aucune école secondaire. Le père Fayet s’employait à réunir des fonds auprès des familles de la métropole. Grâce à ces subsides, le jeune écolier pouvait, en novembre 1924, embarquer sur le Pie x, vapeur des missionnaires, pour se rendre à Brazzaville. De là, il traversait le Pool pour gagner Kinshasa. Il entrait au petit séminaire de Kisantu, dirigé par des jésuites belges. D’octobre 1928 à juillet 1930, il fit sa troisième et sa seconde au petit séminaire de Brazzaville en compagnie de Auguste Roch Nkounkou et de Eugène Nkakou, les deux premiers prêtres indigènes du vicariat apostolique de Brazzaville. Ce séminaire était ouvert par Mgr Augouard, celui-là même qui avait été dépêché de Landana (sur la côte atlantique) pour veiller sur le pavillon français à Mfoa (future Brazzaville).

12Contrairement à Mgr Carrie4 du vicariat de Loango, qui ouvrit presque en même temps des écoles primaires et des séminaires, Mgr Augouard crut bon de multiplier d’abord des baptisés, des confirmés, des écoles primaires et autres bonnes œuvres avant d’ouvrir un petit séminaire. « Pour Mgr Augouard, l’Afrique est un continent maudit, entièrement soumis à Satan ; il est sauvage, barbare. Les indigènes sont les enfants du démon, victimes de toutes les tares, non seulement celles qui choquent particulièrement les occidentaux, comme l’anthropophagie et la polygamie, mais aussi le polythéisme idolâtre, le tribalisme belliqueux, la tyrannie de l’esclavagisme, l’alcoolisme omniprésent, la paresse au travail, etc. » (de Banville 2000 : 37). Il fallait donc régénérer l’Afrique en mettant en œuvre des entreprises pour créer un nouveau type d’hommes. Étant donné que les adultes ne pouvaient être convertis au christianisme, il fallait s’occuper des enfants que l’on pouvait isoler et former « en vase clos » selon les principes moraux de l’Évangile. Et comme, au début, les seuls enfants disponibles étaient des enfants esclaves, capturés durant les guerres tribales entre voisins, une partie de la méthode missionnaire de cette époque se traduisit par le rachat d’enfants esclaves (ibid.).

13Le petit séminaire de Brazzaville ne vit le jour que le 15 mai 1913, soit 25 ans après la fondation de la Mission de Brazzaville (1888). Il occupait des bâtiments situés dans l’enceinte de la cathédrale du Sacré-Cœur. Les candidats au sacerdoce furent nombreux, mais très peu purent continuer. Et pour cause ! Mgr Augouard s’en explique dans son dernier rapport à la Sacrée Congrégation de la Propagande en 1920 :

« Plus de 7 élèves sont déjà passés par ce séminaire mais, hélas ! Les réussites n’ont pas correspondu à nos efforts. La plupart de ces enfants sont morts d’anémie ou par suite de la terrible maladie du sommeil. À ces petites natures sauvages, la liberté semble nécessaire pour vivre. D’autres enfants se découragent par suite de la longueur des études et sont effrayés des quinze et vingt ans nécessaires pour parvenir à la prêtrise. L’instruction spéciale qu’ils ont reçue cependant n’est pas perdue, car beaucoup de ceux-là deviennent d’excellents catéchistes et sont pour nous de précieux auxiliaires.
D’autres enfin sont poussés par des parents païens et âpres au gain et nous quittent pour entrer comme écrivains dans l’Administration ou deviennent téléphonistes, chefs de gare. Généralement, ils font honneur à la mission qui les a élevés. Cependant, nous poursuivons cette œuvre importante du Séminaire où nous avons en ce moment (1920) 16 élèves, et nous espérons que Dieu voudra bien faire germer la semence que nous jetons péniblement dans les âmes. Nous espérons aussi que, selon les instructions du Saint-Père, l’œuvre de la Sainte-Enfance à Paris voudra bien nous aider à entretenir ce Séminaire d’où dépend l’avenir de la Mission. Toutefois, il ne faut pas dissimuler qu’il est difficile de faire germer des vocations au milieu du bourbier du paganisme, et du reste les Noirs ont beaucoup plus de confiance dans le prêtre européen que dans leurs propres congénères, contrairement à ce que l’on croit généralement »5.

14Cette œuvre de Mgr Augouard végéta pendant longtemps :

« Elle était restée comme noyée dans un complexe d’œuvres annexes qui entravaient, retardaient, et annihilaient jusqu’à un certain point, sa marche normale. D’autre part, la vie intérieure souffrait de la proximité de la grande agglomération brazzavilloise dont tous les échos se prolongeaient jusque dans l’enceinte sacrée »6.

15Le 29 avril 1936, Mgr Biéchy, évêque de Brazzaville, décida de transférer rapidement ce séminaire à Kibouende. Cette localité, située à 53 km de Brazzaville sur la ligne du chemin de fer Congo-Océan, fut choisie en raison de la facilité du ravitaillement et du contrôle épiscopal. Le 26 septembre 1936, onze petits séminaires s’installèrent à Kibouende.

16Les 12 et 13 février 1937, Mgr Biéchy bénit l’oratoire et le séminaire tout entier. L’œuvre fut placée sous le patronage du grand apôtre saint Paul et le 25 janvier était désormais le jour de fête du petit séminaire7. Les effectifs du séminaire, au moment du transfert à Kibouende, étaient de deux théologiens, les abbés Auguste Nkounkou et Eugène Nkakou se rendant à Libreville terminer leur dernière année de théologie, et l’abbé Jean-Baptiste Olomadzanga devant être tonsuré à Yaoundé le 30 mars 1937, tandis que Fulbert Youlou entreprenait la deuxième année de philosophie à Yaoundé. Théophile Mbemba fut rapatrié pour des raisons de santé. Pour lui, on cherchait encore un pays au climat plus favorable pour qu’il continuât ses études. Ainsi, sur place, n’étaient restés que sept élèves dont trois en seconde, trois en quatrième et un seul en sixième. À Kibouende, grâce à « l’éloignement de la ville, des efforts sérieux et méritoires ont été faits dans la voie du silence et du recueillement »8. Des études serrées donnèrent des résultats tangibles et des progrès inespérés. Mais en 1939, on décida de transférer le petit séminaire de Kibouende à Mbamou. Pourquoi ? « La seule raison connue semble être la difficulté d’entente entre le directeur de la station et le directeur du petit séminaire »9. Mbamou, situé à 60 km au sud-ouest de Brazzaville, est enclavé ; une route sablonneuse le relie à la gare du chemin de fer Congo-Océan sur 20 km. Ces difficultés d’accès furent un obstacle majeur pour ses rapports avec l’extérieur. Malgré tout,

« Mbamou est un endroit heureux. Émergeant au milieu de la verdure de nombreux palmiers et arbres fruitiers, au sommet d’un gentil plateau, on y trouve un bâtiment qui sert de résidence aux professeurs. Derrière, c’est le séminaire proprement dit. Il est simple, mais coquet, inspirant l’idée d’ordre et de propreté »10.

17Autant que possible, on plaçait le séminaire assez loin des autres centres européens pour que les élèves n’aient pas constamment sous les yeux l’exemple de leurs camarades pourvus d’emplois bien rénumérés. Avant l’installation du séminaire, Mbamou avait déjà une histoire : créé en 1896 par la Mission Marchand, il était à la fois poste militaire et poste administratif jusqu’en 1911, date à laquelle on transféra ces fonctions à Kinkala. Après ce transfert, Mgr Augouard envoya en septembre 1911 les pères Rémy et Patron pour trouver l’emplacement d’une Mission chez les Bakongo. Cette Mission devait être placée à proximité de la petite ligne de chemin de fer Brazzaville-Mindouli, et non loin de la future ligne Loango-Brazzaville. Le choix se fixa sur une colline qui dominait l’ancien poste français de Mbamou. Sur cette colline s’étendait un plateau qui avait dû être habité dans le passé, car les palmiers y abondaient. Le père Patron, aidé par le père Bonnefont, transportait à la nouvelle Mission le matériel de Kialou (à 90 km au nord de Kindamba). Les anciens bâtiments du poste français, situés à 7 800 mètres du nouvel emplacement, dispensèrent de loger sous la tente11.

18La formation du clergé à Mbamou fut une véritable révolution après la Seconde Guerre mondiale à tous les points de vue, du recrutement au programme, en passant par les techniques de formation. La formation au petit séminaire de Brazzaville fut ainsi décrite par le père Jean Morizur (1948 : 156), directeur du petit séminaire de Mbamou, pour justifier les progrès réalisés par l’établissement qu’il dirigeait :

« Nous ne nous trouverons plus devant un embryon de maison de formation, où l’on prépare cinq ou six futurs prêtres entre deux tournées de brousse, les munissant d’un si faible et si hétéroclite bagage de connaissances que nous sommes les premiers, plus tard, à nous plaindre de la limite de leurs horizons. »

19Le séminaire de Mbamou était intervicarial, recevait des élèves venus de tous les vicariats de l’aef. Ainsi, Mgr Joachim N’Dayen, archevêque émérite de Bangui, fut élève à Mbamou. L’enseignement des sciences modernes était fonction de la compétence du professeur, ce qui n’était pas souvent le cas car les missionnaires venaient prioritairement pour l’évangélisation pure, et moins pour un enseignement profane approfondi en dehors de la littérature. Ainsi, le séminariste était par vocation un littéraire et recevait en outre des enseignements en rapport avec le culte : musique, chant, liturgie de diverses cérémonies. Le sport lui était particulièrement conseillé. Les deux premiers élèves de Brazzaville furent envoyés au petit séminaire de Lemfu, près de Kisantu, au Congo belge, puis au Gabon, en 1931. Il s’agit des abbés Auguste Roch Nkounkou et Eugène Nkakou. Pendant ce temps, Barthélemy Boganda enseignait le catéchisme à la Mission Saint-Paul à Bangui. Mgr Calloc’h démissionna de son poste en 1926. Il fut remplacé par Mgr Grandin pour qui Boganda avait une grande estime et un profond respect. En 1931, Mgr Grandin envoya Boganda à Mvolye au Cameroun. Fulbert Youlou, futur président de la République du Congo, y était son condisciple. Ordonné prêtre le 27 mars 1938, Boganda dit sa première messe le lendemain à Saint-Paul des Rapides à Bangui, à l’endroit même où il fut baptisé.

20Boganda exerça son ministère sacerdotal d’abord à Saint-Paul à Bangui par des messes, des prédications, des confessions, puis comme professeur et directeur au petit séminaire Saint-Marcel de Bangui, assurant ainsi la marche vers le sacerdoce des pionniers comme François Ngaïbi, le premier prêtre tchadien. Il évangélisa également à Zongo, localité située en face de Bangui sur la rive belge. Il commença par enseigner le catéchisme, entendre les confessions et dire la messe sous un hangar. Ne supportant pas cette situation inconfortable, il bâtit une chapelle sans en référer à Mgr Grandin, son évêque. Il fit seulement appel au cœur et à la raison de ses frères du Congo belge qui mirent la main à la pâte. Boganda ne tint pas compte de la volonté du souverain pontife qui, quelques années plus tôt, avait interdit au père Augouard, missionnaire français, d’évangéliser en territoire belge. En 1942, Boganda fut affecté à Bambari où il eut une responsabilité de plus : une école supérieure venait d’être créée à Bambari. Il eut la charge d’y préparer les élèves au baptême et à la confirmation. Ces catéchumènes n’étaient pas tous aspirants au baptême, certains étant déjà chrétiens. Mais selon l’opinion de tous, les cours de catéchisme de Boganda étaient des événements à ne pas rater. En dehors du grand centre de Bambari, Boganda affectionnait particulièrement les postes secondaires comme Grimari.

21Ce fut pendant son ministère sacerdotal que Boganda vécut la ségrégation raciale des Spiritains. Il accumula des rancœurs qui explosèrent après la mort accidentelle de Mgr Grandin. Mgr Cucherousset, qui remplaça ce dernier, ne fut pas tendre avec Boganda. Une véritable cabale fut montée contre le seul prêtre indigène de l’Oubangui. La rupture ne tarda pas.

La rupture avec l’Église catholique

22Le christianisme, propagé par les missionnaires à l’époque coloniale, qui contribua largement à asseoir l’hégémonie française et la puissance coloniale, possédait sa propre contradiction interne : la parole salvatrice se trouvait minée de l’intérieur par l’ethnocentrisme et la domination du Blanc. L’attitude du clergé missionnaire à l’égard de la culture africaine fut faite d’incompréhension, de mépris et de rejet de la culture autochtone. Tout cela malgré les instructions du pape :

« Les missionnaires veilleront à éviter d’introduire parmi les populations en cours d’évangélisation les lois et usages particuliers à leur patrie personnelle [...]. Ils auront grand soin au contraire qu’en tout et partout ce soit la discipline ecclésiastique telle qu’elle est en vigueur dans l’Église universelle qui soit introduite et fidèlement observée. Les missionnaires auront également souci de bannir toute idée de préparer la voie parmi les populations qui leur sont confiées à une pénétration politique de leur nation, afin de ne pas passer pour rechercher le bien de leur patrie terrestre, non celui de Jésus-Christ et du royaume céleste »12.

23Cette instruction reprenait seulement celle publiée par la congrégation de la Propagande en 1659 : « Ne mettez aucun zèle, n’avancez aucun argument pour convaincre ces peuples de changer leurs rites, leurs coutumes et leurs mœurs, à moins qu’ils ne soient évidemment contraires à la religion et à la morale. » Discrimination qui suppose la connaissance. C’est pourquoi les bons missionnaires ont toujours été de bons ethnologues13. Non seulement ils étaient conscients des aspirations des peuples, aspirations surgies du mode de vie local ou du besoin plus universel de salut, mais ils reconnaissaient dans les modes de vies variés les canaux par lesquels ces aspirations s’exprimaient et par où passaient les réponses à ces aspirations (Nida 1954 : 120). Mais si une telle attitude rencontrait théoriquement une approbation quasi universelle en ce qui touchait le domaine profane d’une culture, la même unanimité était loin de se réaliser quant au domaine religieux. Nous comprendrons mieux cette situation en regardant de plus près la situation en Oubangui-Chari à travers celle vécue par Barthélemy Boganda.

« L’Abbé Boganda exercera son sacerdoce pendant huit années, dont trois à la mission Saint-Paul des Rapides à Bangui et cinq dans la Ouaka, en plein pays Banda. Il constituait, à lui seul, le clergé indigène d’Oubangui-Chari. Ni religieux, ni missionnaire, il avait pleine conscience de sa place dans l’avènement d’une Église oubanguienne. Dans les comptes rendus qu’il adressait à son évêque, il ne cachait rien de ses divergences avec les missionnaires » (Kalck 1995 : 53).

24Le pays banda était réputé pour sa résistance aux chasseurs d’esclaves venus du Darfour, du Ouaddaï, du Bahr el Ghazal. Les nombreuses communautés banda s’étaient répandues dans les savanes oubanguiennes, poussant même jusqu’à la grande forêt. La cohésion de ce peuple tenait précisément à un attachement farouche à des coutumes perpétrées grâce à des sociétés d’initiation fort actives.

25Comme partout en Oubangui, les sociétés concessionnaires avaient causé dans la région de graves ravages alors que celle-ci n’était pas encore remise de ses combats contre les chasseurs d’esclaves. La résistance aux nouveaux arrivants, et notamment à la collecte de l’impôt, avait nécessité de sévères répressions militaires. Pour recruter ses porteurs, Émile Cointet utilisait « cinquante mètres de forte chaîne et une solide chicotte [...]. Après avoir obéi au début et surtout par curiosité, ils commencent à en avoir assez [...]. Ce sont des populations très primitives et très craintives, mais si on ne sait pas les prendre, ils feront ce qu’ils ont déjà fait : le vide autour de nous »14. Comme pour le portage, la population se dispersa devant les percepteurs de l’impôt.

« Vous arrivez dans un village et, après deux ou trois heures de pourparlers, pour se débarrasser de vous, on vous donne généreusement une poule ou quelques kilos de poissons secs en promettant, car on promet toujours que la prochaine fois on paiera le tout. Et, quand vous repassez deux mois après, dès que vous êtes signalés, tout le village s’enfuit dans la brousse : vous ne trouvez qu’un homme ou deux qui vous disent qu’on est au caoutchouc et qu’on paiera au retour »15.

26Voilà les conditions qui avaient traumatisé les populations avec qui devait travailler Barthélemy Boganda. Cet abbé indigène, décidé à évangéliser ses congénères par une méthode nouvelle, « évangélisation par l’école, l’école pour l’évangile ». Ce principe souleva la raillerie des Blancs, dont son curé, le père Kandel. Pour les Blancs, la mission envisagée par Boganda exigeait un optimisme peu ordinaire. Ce à quoi Boganda répliquait qu’il ne s’agissait pas d’optimisme et qu’il avait foi dans sa mission divine. À propos de ces difficultés, le père Kandel a cru devoir lui dire : « Fermez les yeux si vous ne voulez pas vous créer de graves difficultés avec l’administration »16. L’administrateur Dieu imposait le respect des coutumes, abjectes pour l’abbé Boganda : polygamie, fétichisme, divorce étaient des coutumes à combattre. De tout temps et partout, ce principe du respect des coutumes a toujours été la pomme de discorde entre administrateurs et missionnaires (Kinata 2004 : 593).

27Les administrateurs parlaient en termes d’évolution, les missionnaires en termes de conversion. Dans le journal de la Mission de Grimari, à la date du 24 février 1943, on pouvait trouver ce commentaire de la main de l’abbé Boganda :

« Mon catéchiste de Grimari, Thomas Kola, m’apprend que le commandant ne veut pas que “les gens du mariage” reconstruisent leur village. On se rend aussitôt chez M. Dieu qui nous reçoit d’ailleurs assez fraîchement. “Je suis en train d’écrire, dit-il, à M. l’Abbé qui s’est permis de régler ici les palabres à sa façon, sans tenir compte des coutumes indigènes.” Cela parce qu’à mon dernier voyage, j’ai fait rentrer au foyer paternel des jeunes filles qui vivaient avec des polygames et dont la plupart avaient été livrées de force par leurs parents. On dit : “Nous venons donner la civilisation aux indigènes.” Civilisation chrétienne et coutumes indigènes, voilà des contradictions, à mon avis, moi qui suis indigène. Coutumes indigènes signifie religion et cette religion c’est le fétichisme ; coutume indigène, c’est le mariage forcé qui est une transformation très récente de l’ancien esclavage. »

28L’abbé tentait avec la faiblesse de ses moyens de développer l’œuvre d’éducation en luttant contre les coutumes précitées. Il se heurtait tant à la résistance des familles restées attachées à l’initiation traditionnelle qu’à celle de l’administration. De Grimari, l’abbé Boganda rappelait à son évêque que son action religieuse était inséparable de son action sociale.

« À mon ordination sacerdotale, je me suis mis entièrement entre vos mains pour travailler à l’évangélisation de l’Oubangui. Aujourd’hui, comme au jour de mon ordination, je reste fermement décidé à faire tout ce qui dépend de moi pour contribuer au progrès moral, intellectuel et social du pays qui est le mien. En cela je ne crois pas m’éloigner du point de vue de l’Église catholique »17.

29Pour lui, il s’agissait d’effectuer les activités sacerdotales normales : messes, confessions, catéchismes ; beaucoup de son temps était pris par les tournées en brousse, dans les postes délaissés par les missionnaires mobilisés. Parmi les postes secondaires sous sa juridiction, Boganda préférait Grimari, dont la situation était particulière : la Mission avait été dirigée avec plus ou moins de dévouement par ses prédécesseurs spiritains, avant d’être abandonnée au profit de l’Église protestante. Boganda retroussa ses manches, fit du porte-à-porte, séduisit non seulement les déserteurs mais aussi les fidèles protestants de longue date. La paroisse catholique connaissait une animation inédite. Le catéchisme reprenait partout. L’église était pleine les dimanches et les jours de fête. Des embryons d’entreprises économiques surgissaient : plantations de manioc, de bananes et autres. Des ateliers de fabrication de meubles en rotin produisaient régulièrement. Toutes ces choses étaient vendues et l’argent reversé à la procure de Saint-Paul à Bangui pour le compte de la Mission de Grimari. L’administrateur Dieu, chef de la subdivision de Grimari faisait part de ses inquiétudes à Mgr Grandin, sur le comportement de ce prêtre noir : il trouvait scandaleux que Boganda ait des idées autonomes alors que tout indigène devait mettre en pratique les idées de la colonisation. À ces remarques, Mgr Grandin répondait sèchement : « Il n’y a malheureusement pas de raison pour l’empêcher de penser selon une logique par ailleurs inattaquable ! » (Siango 2004 : 145).

30En 1944, au nom de la Mission de Grimari, Boganda présenta sa liste de besoins au père chargé de la procure à Bangui. Il se heurta à une fin de non-recevoir. Le père procureur lui fit remarquer que, prêtre séculier, il n’avait pas le droit de s’adresser à la procure des Spiritains pour faire face à ses besoins et à ceux de sa Mission. Boganda répondit simplement : « Vous avez raison ! En effet, je ne suis pas Spiritain ! Comment ai-je pu oublier ça ? » (ibid.). L’abbé Boganda demanda alors à Mgr Grandin la restitution de l’argent qu’il avait versé à la procure pour le compte de la Mission de Grimari, afin de pouvoir se ravitailler pour un an avant la prochaine retraite. Interloqué, Monseigneur s’informa sur ce qui s’était passé. Il convoqua le responsable de la procure et lui intima l’ordre d’honorer, illico presto, la liste de Boganda.

31La même année, alors que Boganda prenait ses congés à Bangassou, les Spiritains tinrent conseil et décidèrent de mettre fin aux humiliations que leur infligeait la méthode Boganda : il avait réussi à Grimari où les Spiritains avaient échoué. Il s’était aussi permis d’humilier le père procureur en exigeant la restitution de son argent, gagné grâce aux entreprises autonomes de Grimari. Ils envisagèrent alors de remplacer Boganda par deux prêtres spiritains. Pendant sa tournée à l’Est de son vicariat apostolique, Mgr Grandin s’arrêta à Grimari et fut déçu de ne pas y voir son protégé. Il le retrouva à Bangassou et lui reprocha d’avoir abandonné sa Mission. Boganda lui présenta le télégramme qui l’affectait à Bangassou. Mgr Grandin protesta avec véhémence déclarant que ce document n’était pas de lui. Il était effectivement l’œuvre du père Hemme, le vicaire général de Monseigneur et du père Morandeau, l’un des missionnaires influents de l’Oubangui. À tout cela, Boganda répondit que le télégramme portait le nom de l’évêque à qui il avait fait vœu d’obéissance. Il avait donc l’obligation de s’y conformer.

32Cette affaire fut l’une des principales causes de la rupture de Boganda avec les Spiritains installés en Oubangui, et fut rappelée dans la réponse que Boganda envoya à Mgr Cucherousset le 1er décembre 1949 à la suite de la suspension qui lui avait été signifiée.

« La vraie cause, c’est l’esprit dominateur et esclavagiste de votre congrégation, c’est votre racisme, c’est le fait que vous vous êtes joints à nos oppresseurs pour nous maintenir dans l’ignorance et nous exploiter ; ce sont les scandales nombreux que je vous ai dénoncés ; la vraie cause enfin et toute personnelle celle-là, est le mensonge du Père Hemme me déplaçant de Grimari en me disant qu’il s’agissait d’une décision de l’Evêque ; C’est le Père Morandeau qui m’a volé à Grimari ; c’est Mgr Grandin qui m’écrivait : le noir n’est pas susceptible d’amélioration ; ce sont les pères de Mbati qui ont raconté à Messieurs F. Serrand et R. Chevalier que les Noirs étaient menteurs, voleurs, paresseux, qu’il n’y avait rien à faire avec eux » (Penel 1995 : 241).

33Même dans le milieu des Spiritains, le père Hemme n’avait pas bonne réputation. Son confrère, le père J. Bouchaud, écrivait sur les problèmes de Boganda, à son arrivée à Paris en décembre 1946, dans une lettre du 5 mai 1965 :

« Ayant été moi-même en Oubangui et ayant entendu parler de lui par des confrères qui l’avaient bien connu et vu à l’œuvre, je crois que ce qu’en écrit l’Abbé Boganda est malheureusement vraisemblable. Le Père Hemme avait un tempérament irascible et, comme il fréquentait beaucoup les coloniaux de Bangui, sa mentalité, son comportement et son langage s’en ressentaient. Des confrères m’ont dit, en fait, avoir été choqués de la façon dont le père traitait l’Abbé, même en public, alors que celui-ci était déjà prêtre et chargé de son ministère. Il est bien certain que certains missionnaires, et pas seulement en Oubangui, donnaient l’apparence d’être “colonialistes” ou négrophiles »18.

34Boganda, dans le no 3 de son Bulletin mensuel d’action politique, économique et sociale en aef, parle de négrophobes partout en Oubangui,

« jusque dans les églises, à la communion et à l’autel, et certaines prétendues maisons d’éducation religieuse sont de véritables camps de concentration où les jeunes gens et jeunes filles sont soumis à des châtiments corporels exagérés, contrairement aux termes de la Constitution et respect de la personne humaine »19.

35Selon Jean-Dominique Penel (1995 : 56), les causes de la rupture entre l’Église catholique de l’Oubangui et Barthélemy Boganda seraient liées à la foi de ce dernier et à la doctrine chrétienne. En effet, le 25 novembre 1949, Mgr Cucherousset suspendait officiellement Boganda qui ne pouvait plus, dès lors, exercer ses fonctions sacerdotales en public ni porter la soutane. Au demeurant, suspension ne signifie pas exclusion de l’Église. Boganda répondit en développant les griefs qu’il nourrissait à l’égard de l’Église catholique en Oubangui, particulièrement vis-à-vis des missionnaires :

« J’ai été suspendu par mesures politiques, racistes et arbitraires beaucoup plus que religieuses. Et vous avez ainsi fait le jeu du colonialisme et de la réaction dont nos missions ont toujours été, hélas, le plus ferme bastion. Vous avez été prompt à me frapper de peines canoniques que j’ai d’ailleurs méritées, je l’avoue encore une fois. Mais la responsabilité m’en incombe-t-elle entière ? Si dans nos missions on ne m’avait pas exaspéré par des attitudes, des injustices, des injures dont “sale cochon de nègre” n’est qu’un exemple entre mille, je n’aurais peut-être jamais songé à vivre avec une française de la métropole pour contrarier mes confrères racistes et ils sont légion »20.

36Le racisme, Barthélemy Boganda le vivait durement et régulièrement. Il le dénonçait autant qu’il le pouvait. Le 28 octobre 1947, il adressa une lettre au père Morandeau, supérieur de la Mission Saint-Paul, à la suite d’une doléance d’un ouvrier de cette Mission ayant été maltraité par la police sous l’instigation du frère Mutien.

« Les oubanguiens ne demandent pas aux métropolitains la charité qui est une chose rare, ni l’amour puisque nous n’en sommes pas dignes. Mais la justice la plus élémentaire, celle que la France est venue apporter, où la trouverons-nous sinon dans nos missions ? Aurait-on accompli ce geste à l’égard d’un européen ? »21.

37Parmi les questions de fond ayant poussé Barthélemy Boganda à la rupture, il y avait celle du célibat des prêtres qui lui paraissait avoir été imposé ni par les textes saints ni par les premiers successeurs de Jésus, mais par l’institution ultérieure à l’Église.

« Le Bon Dieu ne nous récompensera pas pour avoir fait des vœux ou fait semblant de les pratiquer. J’estime qu’il est plus digne de vivre avec une femme, que de faire un vœu auquel on manque constamment. Car le peuple aéfien n’est pas dupe ! Nul n’a jamais cru à notre chasteté et il y a certainement plus de scandale à accrocher une femme souvent à l’occasion du Ministère de la Confession que d’en avoir chez soi, officiellement, au vu et au su de tous »22.

38Il avait même menacé d’aller s’expliquer au Vatican. Barthélemy Boganda se maria le 13 juin 1950 devant l’officier d’état civil de Montmorency avec mademoiselle Jourdain, sa secrétaire, alors qu’un enfant était attendu. L’Église, après hésitations et peut-être l’attente d’un repentir, intervint pour rejeter l’abbé de son sein.

39Par circulaire du 25 décembre 1949, Mgr Cucherousset informait les fidèles des sanctions frappant l’abbé Boganda : interdiction d’exercer les fonctions du sacerdoce, privation du port de l’habit ecclésiastique. Dans la réponse à la lettre de suspens du 1er décembre 1949, l’abbé Boganda écrivait avoir suspendu sa soutane, partir à l’Assemblée nationale en civil et déclarait « pour moi, l’habit ne fait pas le moine, la soutane ne fait pas l’apôtre ni le prêtre. Je reste l’apôtre de l’Oubangui et de l’Église »23.

40Une fois les ponts ainsi coupés avec les missionnaires de l’Oubangui-Chari, Boganda n’eut pas le sentiment d’avoir rompu avec sa foi et ses idéaux religieux. Dans ses prises de position politiques fondamentales et dans ses options, il resta toujours profondément imprégné de la doctrine de l’Église. Il rompit avec des personnes, et en partie seulement avec une institution ; il ne rompit pas avec les principes doctrinaux. Boganda donna délibérément à sa pratique politique une coloration religieuse et mystique.

41À sa mort, cela lui a été reconnu. Devant le parvis de la cathédrale de Bangui où le père Ferraille donnait l’absoute (prière de la bénédiction finale), une étole était posée sur le cercueil, signe de son sacerdoce. Même Mgr Cucherousset, ce prélat qui mena la vie dure à Boganda, exprimait ses regrets le 2 mai 1962 dans une circulaire adressée à tous les missionnaires, suite à la loi supprimant à toutes les confessions religieuses leur droit à disposer d’établissements scolaires et à y dispenser l’enseignement. Le mot « unification » dans le texte de la loi, était pratiquement l’euphémisme de « nationalisation ». Cette mesure privait l’Église catholique d’un champ d’apostolat qu’elle avait toujours privilégié et qui avait fait ses preuves dans la formation des anciens cadres du pays. Dans la circulaire, l’archevêque de Bangui déplorait « une mesure bien triste qui va à l’encontre des droits de l’Église ». Il y reconnaissait également la foi réelle et inébranlable de Boganda :

« Maintenant mieux que jamais, nous sentions combien grande a été la perte du Président Boganda. S’il a erré dans sa conduite personnelle, nous savons combien il aimait l’Église, combien il respectait ses droits. Il sentait dans l’Église la gardienne de la foi, la maîtresse de la doctrine et de la morale, la formation des consciences, le guide sûr et éclairé hors duquel il n’est pas facile de faire un bon chemin sur la terre. C’est pourquoi il rêvait d’une Afrique chrétienne. Dieu ait son âme et prions pour lui. »

42Boganda, premier prêtre oubanguien, était fils de sorcier. Aux yeux du peuple, il participait des deux puissances. Il était le plus instruit des fils du pays ; prêtre, il était en rapport avec le monde invisible, il pouvait découvrir des choses cachées qui maintenaient les indigènes dans un état d’infériorité. Marié à une Blanche, il devenait l’égal des Blancs, c’était un homme hors du commun. La question des rapports entre Boganda et l’Église doit tenir compte de tous ces éléments qui s’entremêlaient étroitement et dont Boganda était très conscient, comme nous l’avons souligné tout au long de l’exposé.

43La résurgence du souvenir et l’amplification des relations conflictuelles avec ses supérieurs et ses collègues religieux d’Oubangui, sa pratique sacerdotale, sa relation avec mademoiselle Jourdain, sa secrétaire qui deviendra son épouse légitime, ont été autant d’éléments ayant caractérisé les rapports entre Boganda et l’Église catholique en Oubangui.

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Notes

1 Lettre de Mgr Grandin au père Lecomte, Bangui le 19 Octobre 1946, citée dans Penel (1995 : 105).

2 Lettre de Barthélemy Boganda au père Féraille en congé en France, Paris, le 30 avril 1947, citée dans Penel (ibid. : 134).

3 Cité dans Penel (1995 : 21).

4 Mgr Carrie avait ordonné les deux premiers prêtres indigènes de son vicariat le 17 décembre 1892.

5 Mgr Augouard, Rapport quinquennal de 1920 à la Sacrée Congrégation de la Propagande à Rome, cité dans De Witte (1924 : 346).

6 Rapport annuel du séminaire Saint-Paul de Kibouende, Arch Cssp B522.A, Vicariat apostolique de Brazzaville, 1937.

7 Ibid.

8 Ibid.

9 Projet d’établissement du petit séminaire à Kibouende par le Père Ramaux, Arch Cssp B J3.26A, 1939.

10 Ibid.

11 Bulletin général, avril 1913, cité dans Ernoult (1995 : 225).

12 Instruction « Quo Efficacius » de Benoît XV du 6 janvier 1920, citée dans Merle(1967 : 76).

13 Mgr Calloc’h (1911a, 1911b, 1911c) a publié plusieurs vocabulaires. Il a traduit plusieurs catéchismes dans les langues oubanguiennes, dont un en ngbaka. Les archives des Spiritains, à Chevilly, conservent son très volumineux Vocabulaire français-ngbaka en deux tomes.

14 É. Cointet, Lettres à sa famille, citée dans Coquery-Vidrovitch (1972 : 209).

15 Rapport de l’inspecteur du contrôle local, 30 avril 1907, cité dans Coquery-Vidrovitch (1972 : 129).

16 Lettre de Boganda à son évêque, Bambari, le 21 décembre 1943, citée dans Siango (2004 : 122).

17 Lettre de Boganda à son évêque, citée dans Pierre Kalck (1995 : 58).

18 Lettre du père J. Bouchaud, chargé de Revue Annales Spiritaines, en témoignage sur les problèmes de Boganda à son arrivée à Paris en décembre 1946, citée dans Penel (1995 : 389).

19 Barthélemy Boganda, « Pour sauver un peuple », Bulletin mensuel d’action politique, économique en AEF, no 3, 1948, cité dans Penel (1995 : 196).

20 Lettre de Barthélemy Boganda à Mgr Cucherousset, évêque de Bangui, Paris le 1er décembre 1949, citée dans Penel (ibid. : 237).

21 Lettre au père Morandeau, supérieur de la Mission Saint-Paul, le 28 octobre 1947, citée dans Penel (ibid. : 155).

22 Lettre à Mgr Cucherousset, évêque de Bangui, Paris, 1er décembre 1949, op. cit.

23 Ibid.

Pour citer cet article

Référence électronique

Côme Kinata, « Barthélemy Boganda et l’Église catholique en Oubangui-Chari »,Cahiers d’études africaines [En ligne], 191 | 2008, mis en ligne le 20 septembre 2011, consulté le 31 octobre 2015. URL : http://etudesafricaines.revues.org/12292

Auteur

Côme Kinata

École normale supérieure, Brazzaville.

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