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Dabealvi.La Sentinelle en mode veille - Centrafrique M.E.R.C.I

La mort sur la croix était un supplice très cruel.

30 Juin 2019 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com

 Le condamné mourait par asphyxie lorsqu'il ne pouvait plus se soulever sur ses pieds pour relâcher légèrement la pression qu'exerçait sur ses bras et son thorax le poids de son corps. La respiration devenait de plus en plus difficile et douloureuse et il cessait lentement de respirer. Cette agonie pouvait durer quelques jours. C'est pourquoi, si pour une raison ou une autre – par exemple, la proximité du sabbat – on voulait accélérer la mort du supplicié, on lui rompait les jambes.

Mais Jésus n'est pas mort de cette façon. Il n'a pas cessé lentement de respirer. Il a au contraire remis son souffle -- son esprit -- à son Père, librement, dans un grand cri. Et c'est pourquoi il ne fut pas nécessaire de lui briser les jambes. On lui transperça cependant le côté d'un coup de lance et de son cœur coula de l'eau et du sang.

Ce que nous dit le Nouveau Testament du cœur de Jésus exprime une spiritualité très forte, qui n'a rien de commun avec la spiritualité à l'eau de rose de certaines expressions de la dévotion au Sacré-Coeur propres aux derniers siècles.

C'est nous, les humains, qui avons ouvert le cœur de Jésus, après sa mort, avec la lance du centurion romain. Nous avons alors été aspergés par l'eau et baptisé dans le sang sortis de ce cœur ouvert par la lance.

Quelques jours après la Résurrection Jésus nous invita, en la personne de Thomas, à pénétrer en son cœur en mettant notre main dans son côté ouvert. Ce que nous avons découvert alors dans ce cœur ouvert c'est l'amour – un amour assez fort pour donner sa vie pour ceux qu'il aime; un amour, nous dit Paul, "qui dépasse tout entendement". Alors, pour utiliser une autre expression de Paul, nous pouvons par cette plaie béante du côté de Jésus "entrer dans la plénitude de Dieu".

Au même moment où nous pénétrons dans son cœur, si nous nous y établissons, si nous y enracinons et si nous y établissons notre demeure, comme il nous demande de faire, le Christ lui-même, à son tour "fait sa résidence" en nos cœurs.

Nous nous sentons peut-être indignes de cette relation amoureuse. Lisons alors le beau texte d'Osée que nous avions comme première lecture. C'est l'une des plus belles expressions dans toute la Bible de la tendresse de Dieu. Or cette tendresse s'exprime précisément à l'égard du peuple infidèle, comparé à une épouse choisie et adoptée par son époux dès sa naissance.

La déchirure du côté de Jésus et la blessure de son cœur ont opéré dans nos propres cœurs une ouverture où a pu pénétrer le Souffle remis par Lui à son Père sur la croix, si bien que comme le dit encore Paul, l'amour de Dieu a été répandu en nos propres cœurs par l'Esprit, le Souffle de Jésus qui nous a été donné, et qui nous permet de dire, comme lui et avec lui : Abba, pere.

Humain … trop humain ! » pourrait-on penser La fête du Sacré Cœur fait parfois horreur à certains catholiques lassés de ses représentations religieuses plus proches de Walt Disney que du génie artistique chrétien. Pourtant il serait malheureux d’en rester là et de ne pas scruter le Mystère du Cœur de Jésus. Car il s’agit bien d’un Mystère, mystère apparemment trop humain … En réalité son humanité trompe « les sages et les savants » désireux de contempler Dieu de manière plus conceptuelle … ou plus désincarnée. Or le Sacré Cœur est un mystère d’humilité qui ne se dévoile qu’aux « tout-petits », qu’aux fils de Dieu, puisqu’il est le Mystère du Fils de Dieu lui-même. C’est bien dans l’humilité et dans l’humanité d’un cœur humain que Dieu fait rayonner son être. Contemplons ce mystère d’humilité dans ses deux facettes, humilité du Fils, humilité des fils.

Le Sacré Cœur est d’abord le mystère de l’humilité de Dieu manifestée en son Fils Jésus. Le symbole du cœur est bien sûr à comprendre en son sens biblique qui désigne l’intériorité de la personne, c’est-à-dire son être même, avec son intelligence, sa volonté et son affectivité. Le Sacré Cœur n’est pas une fête pour sentimentaux ou romantiques : c’est l’identité de Jésus qui se dévoile dans toute sa délicatesse et sa profondeur. « Dieu est amour » nous affirme saint Jean par deux fois, avec une audace théologique déconcertante : comment l’évangéliste peut-il oser identifier le Dieu infini à un mot humain, même celui d’amour ? Pourtant Jean affirme ceci comme le fruit d’une méditation de l’Écriture et de la vie du Christ. L’Amour qu’est Dieu ne s’est pas révélé de manière abstraite mais dans le concret d’une histoire. Il s’est manifesté au long de l’histoire d’Israël à travers les alliances renouées malgré les infidélités humaines.

Mais sa pleine révélation a eu lieu dans la vie de Jésus-Christ : en donnant sa vie pour ses amis et pour tous les hommes, le Christ nous a prouvé son grand amour, son trop grand amour, cet amour dont il n’y a rien de plus grand puisqu’il est celui de Dieu même. « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15,13) Certes l’amour peut faire des déclarations, parfois solennelles. Mais surtout l’amour se prouve par des actes, par des gestes posés au quotidien ou lors de circonstances critiques. Le geste extrême de l’amour fut posé quand cet homme innocent se laissa librement mettre en croix. Son symbole est ce cœur blessé, exposé à nos regards. Dieu n’a pas manifesté son amour de manière générale ou désincarnée ; il l’a fait dans les limites de l’espace et du temps, dans les limites de la vie humaine de Jésus de Nazareth : son cœur humain cristallise en une seule vie donnée le maximum d’amour.

Certes cette démonstration d’amour est très humble. Faut-il s’en étonner ? L’amour a en fait horreur de l’éclat. « Je suis doux et humble de cœur » dit Jésus. Le chemin de l’Amour est celui de l’abaissement et de l’humilité : là est toute la vie du Christ. Ste Thérèse de l’Enfant Jésus le dit merveilleusement : « le propre de l’amour est de s’abaisser… jusqu’au néant pour le transformer enfeu. » Ainsi la fête du Sacré Cœur nous dévoile l’humilité du Fils de Dieu qui n’a pas quitté les limites de son humanité pour nous prouver son amour. C’est dans son humanité que se cache sa divinité.

Cette humilité du Fils de Dieu peut devenir celle de ses frères, des enfants de Dieu par adoption. Méditer le Sacré Cœur rend humble le cœur des fils de Dieu : le disciple devient ainsi semblable au maître. En effet, une affirmation centrale traverse nos deux premières lectures : la priorité absolue de l’amour de Dieu, la gratuité radicale de son attachement à nous. « Si le Seigneur s’est attaché à vous, s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C’est par amour pour vous, et par fidélité au serment fait à vos pères… » Saint Jean confirme la parole de Moïse : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés. » Oui, Dieu a choisi Israël comme chacun de nous de manière libre et sans raisons humaines. « Le cœur a ses raisons, que la raison ne connait point » dirait Pascal.

Et pourtant, avouons-le : nous restons intimement persuadés que nous méritons quand même un peu l’amour de Dieu, car nous sommes des gens bien, nous allons à la messe le dimanche, nous sommes gentils avec la voisine, nous célébrons la liturgie avec soin, etc. Pire, nous croyons parfois que nous devons mériter l’amour de Dieu et que nos actions, nos efforts de carême pourraient peut-être nous rendre aimables aux yeux de Dieu. Non, non, 3 fois non, nous dit l’Écriture. Non seulement l’amour de Dieu ne s’achète pas mais en plus c’est inutile puisque nous sommes déjà aimés gratuitement. Mais, ne croyons pas que nous y soyons pour quelque chose. Ce fut la liberté de Dieu de s’attacher à nos petites personnes. Et honnêtement, cela a de quoi nous humilier, nous rendre humbles. C’est l’expérience de sainte Thérèse d’Avila : plus elle recevait de grâces de Dieu, plus cela l’humiliait car elle ne s’en sentait pas digne et ainsi elle grandissait dans l’humilité. Méditer le mystère du Sacré Cœur, contempler le cœur blessé d’amour de Jésus, découvrir la délicatesse extrême de son amour devrait produire en nous émerveillement et confusion devant notre tiédeur spirituelle.

Allons plus loin, même les représentations désuètes du Sacré Cœur devraient attendrir notre cœur de pierre et faire jaillir un cri de reconnaissance au lieu de nos considérations intellectuelles ou artistiques. Mieux, elles devraient nous rappeler que si nous ne méritons pas l’amour de Dieu, nous sommes appelés à y répondre, à lui « rendre Amour pour Amour » (Ste Thérèse de l’Enfant Jésus). Pour cela, un seul chemin, se mettre à l’école de Jésus et nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés, humblement et radicalement.

Dans le Cœur Sacré et humain de son Fils, Dieu a caché toutes les merveilles de son amour : que notre cœur ne s’endurcisse pas mais se laisse atteindre par la tendresse divine et que l’humilité de Jésus nourrisse la nôtre. Alors oui le Sacré Cœur sera une belle fête, une fête aussi humaine que divine, celle de Jésus-Christ. Amen.

Au delà de toutes considérations politiques, aucun indice fiable ne nous garantit une sortie honorable de la crise car la plupart des actions politiques et managériales sont illisibles mais faisons nous le plaisir de leur accorder un délai de grâce le temps de prendre des repères.

https://dabealvi.wordpress.com/2019/06/30/centrafrique-bilan-des-cent-jours-du-gouvernement-ne-de-laccord-de-khartoum/

 

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