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Dabealvi.La Sentinelle en mode veille - Centrafrique M.E.R.C.I

Centrafrique: Nous célébrons aujourd'hui la fête de la Sainte Trinité.

17 Juin 2019 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com

C'est celle de Dieu Amour qui nous invite à partager son amour, à
recevoir son amour généreux et à y répondre. On a écrit des
gros livres de théologie sur ce grand mystère. Mais ils sont
tous très loin de lé réalité. Un jour, saint Augustin marchait le
long de la mer et cherchait à comprendre ce mystère. Sur son
chemin, il rencontre un enfant qui avait creusé un trou dans le
sable. Avec une cuillère, il cherchait à y mettre toute l'eau de
la mer. Augustin, lui dit que c'est impossible. L'enfant lui
répond : Oui, c'est vrai, mais j'aurai fini avant que vous ne
commenciez à comprendre cette histoire de Trinité. Ce
mystère est si grand et le cerveau si petit. Nous devons donc
nous contenter de ce que nous dit la Bible. Cette révélation
s'est faite très progressivement. Dans la première lecture, nous
voyons Dieu s'adresser au peuple élu. Il lui fait mesurer toute
l'étendue de la générosité divine. Il a vu la misère de son
peuple esclave en Egypte. Il lui a fait passer la Mer Rouge. Il
l'a conduit dans sa longue marche à travers le désert. Au
moment où ce texte est écrit, les hébreux se préparent à entrer
dans la Terre promise. La bonne nouvelle c'est que Dieu n'est
pas celui qu'on croit. Il n'est pas le Dieu vengeur qui cherche à
nous prendre en défaut. Il se révèle comme le Dieu libérateur
qui fait alliance avec son peuple. Cette bonne nouvelle vaut
aussi pour nous aujourd'hui. Dieu voit la misère de son peuple.
Il voit celle des chrétiens persécutés en Irak, en Syrie et dans
de nombreux autres pays. Il voit la misère des hommes et des
femmes qui sont traités comme des machines sur leur lieu de
travail. Il voit la souffrance de ceux et celles qui sont accablés
par la misère. Et bien sûr, il n'oublie pas les malades, les
prisonniers, les exclus. Il continue à nous dire son désir de
libérer son peuple. Et il compte sur nous pour que nous
donnions le meilleur de nous-mêmes à cette mission. Dans la
seconde lecture, saint Paul va plus loin. Il nous dit que nous
sommes adoptés par Dieu. Nous sommes devenus des fils et
nous pouvons l'appeler Père. Quand nous pensons à la
puissance de Dieu, nous risquons d'éprouver un sentiment de
peur et d'avoir une attitude d'esclave. Mais saint Paul
intervient pour nous rassurer : Non, il ne faut pas avoir peur de
Dieu : L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des
esclaves, des gens qui ont encore peur. Dieu a voulu nous
introduire dans sa vie intime. Nous sommes ses enfants
bien aimés, des frères du Christ. Cela s'est réalisé grâce à
l'action de l'Esprit Saint. L’évangile nous rapporte le dernier
rendez-vous des disciples avec Jésus. C'est l'envoi en mission :
Allez ! De toutes les nations faites des disciples. Baptisez-les
au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Il est hors de
question de rester plantés là, avec d'éternelles questions sur le
tombeau vide. Il est urgent de comprendre que Pâques n'est
pas une fin mais un commencement. Tout ce que Jésus a pu
faire ou dire au cours de sa vie terrestre était une préparation à
cette nouvelle aventure des hommes. Avec la première
alliance, Dieu ne s'adressait qu'au petit peuple d'Israël ; la
nouvelle alliance est annoncée et offerte à tous les peuples du
monde entier. Ce qui nous est demandé, ce n'est pas de faire
des adeptes mais des disciples du Christ. Nous ne devons pas
nous comporter comme des propriétaires de la Parole révélée
mais comme des serviteurs. Il n'est pas question d'enrôler mais
de baptiser. Le baptême que nous avons reçu nous a plongés
dans cet océan d'amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint
Esprit. La bonne nouvelle de l’évangile est une histoire
d'amour qui n'est jamais achevée, une histoire d'amour
toujours nouvelle et toujours ouverte. Il nous appartient d'être
les témoins passionnés de cette histoire d'amour. Pour cette
mission, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur nous nourrit
de sa Parole et de son Corps. Il est toujours là pour nous
donner force et courage en vue de la mission. Et Marie, notre
maman du ciel ne cesse de nous redire : "Faites tout ce qu'il
vous dira. Cette grande mission nous dépasse. Elle peut nous
faire peur. Mais le Seigneur nous a promis d'être avec nous
tous les jours et jusqu'à la fin du monde. En ce jour, nous le
supplions : Garde-nous fidèles à ton amour. Donne-nous force
et courage pour en témoigner tous les jours auprès de ceux que
tu mets sur notre route. n enfant de sept ans à qui on
demandait ce qu’était la Trinité, a répondu cette merveille :
« tu ne sais pas ce que c’est ? Eh bien, je vais te l’apprendre :
on ne peut pas aimer tout seul ! » Admirable ! Comment dire
mieux sur l'intimité même de Dieu, ainsi que l'Eglise semble
l’oser en cette fête de la Sainte Trinité, que ce mot d’excellent
petit théologien !
Permettez-moi de dire, avec infiniment moins de justesse que
lui, deux petites miettes de ce mystère de vie.
Premièrement de l'amour trinitaire qui nous est offert en
méditation ce matin : Dieu, qui est mystère, nous ouvre au
mystère de tout homme. Dieu est mystère. Cela ne veut pas
dire qu'on ne le connaît pas, mais qu'on n'aura jamais fini de
Le connaître. La nuance est importante ! Plus ma familiarité
avec l'évangile grandit, plus je me pose de questions sur
Jésus : qui est-il donc pour bousculer ainsi les idées qu'on se
faisait sur Dieu ? Qui est-il donc pour oser des paroles et des
gestes pareils ? Dieu est mystère. Et plus tu Le connaîtras,
écrivait saint Jean de la Croix, plus tu avoueras que tu peux
toujours moins exprimer ce qu'Il est ! Dieu est mystère et nous
ne découvrons qui Il est que lentement, progressivement, et
parfois même douloureusement.  « J'aurais encore beaucoup
de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la
force de les porter », nous dit Jésus dans l'évangile de Jean.
Dieu est mystère, et parce qu'Il est mystère, Il nous apprend la
patience. Patience à l'égard de Dieu que je connais encore si
peu... patience à l'égard de tout homme qui, lui aussi, participe
au mystère de Dieu. Je ne connais aucun homme totalement...
et il peut évoluer.
Reconnaître que Dieu est mystère et que tout homme, créé par
Lui, participe de ce mystère, c’est quelque chose de très
concret. C'est refuser de coller sur les gens des étiquettes et ne
jamais désespérer d'eux. C'est considérer chaque homme avec
un infini respect.
Deuxièmement de cet amour trinitaire : Dieu qui est amour
me fait découvrir ce qu'aimer veut dire. Je retiens tout
spécialement cette espèce de dynamisme centrifuge de
l'amour. Loin de tout ramener à soi, il se trouve en se donnant.
À travers les évangiles et la liturgie de l'Eglise, cela est
flagrant : le Père, le Fils et l'Esprit... chacun renvoie aux deux
autres et semble s'effacer pour mettre les autres en valeur.
Le Père ? ... Lui que nul n'a jamais vu et que l'on ne peut donc
pas représenter s'efface devant le Fils (dans le Symbole des
Apôtres, deux lignes seulement pour le Père et dix lignes pour
le Fils !). Il convoque l'Esprit dès sa première oeuvre (cf. les
deux premières lectures) et lui donne une place de choix dans
son oeuvre créatrice. Le Père ne fait rien sans l'Esprit.
Le Fils ? ... Dans le « Gloire à Dieu », on le réfère tellement au
Père qu'on dit de Lui : « Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le
Fils du Père »... « le Fils du Père » ! ... superbe pléonasme qui
souligne l'impossibilité de parler de Jésus sans parler de Dieu
son Père !« Le Père, dit Jésus, est plus grand que moi » ... et
encore « non pas ma volonté, mais celle de mon Père ». Jésus
renvoie toujours au Père et s'efface devant l'Esprit qu'il
annonce et promet : « il est bon pour vous que je m'en aille »...
« l'Esprit vous donnera de faire des choses plus grandes
encore ».
L'Esprit ? ... C'est Lui qui nous fait nommer Dieu
« Père » : « l'Esprit fait de nous des fils qui crions vers Dieu
en l'appelant :Abba! » . L'Esprit nous oriente vers le Père et
nous renvoie toujours à Jésus : « Nul ne peut dire Jésus est
Seigneur si ce n'est sous l'action de l'Esprit ». L'Esprit nous
fait reconnaître en Jésus le Christ.
Alors, si aimer c'était cela : ne pas chercher sa propre gloire,
mais vouloir que l'autre grandisse, aime et soit aimé... alors, je
peux me poser bien des questions sur ma manière d'aimer mes
proches. Est-ce que vraiment je les aime pour eux-mêmes ou
pour l'avantage que je pourrais en tirer ?
Mais combien Des fois on se dit que parler de la Sainte
Trinité, c’est difficile et compliqué. Que Dieu est un mystère!
Qu’il n’est pas à notre portée. Et que ce que peuvent en dire
les philosophes et les théologiens, ça nous passe par-dessus la
tête. Leur langage souvent est abstrait; il embrouille plus qu’il
éclaire; parler de Dieu et le connaître, serait-ce réservé aux
savants?
Et si Dieu, lui, avait voulu nous rejoindre autrement, d’une
façon plus simple, plus à notre portée? En prenant lui-même
l’initiative de s’approcher de nous? La tradition chrétienne
nous apprend en effet comment Dieu s’est révélé
progressivement – humblement et discrètement – à travers la
foi et la vie de personnages comme Abraham et Sara et leurs
descendants; puis s’adressant à Moïse, il en a fait le chef et le
sauveur de ces descendants réfugiés en Égypte, et maltraités
là-bas. C’est ainsi qu’une longue histoire s’est déroulée où les
sages, les prophètes, les priants ont témoigné de ce Dieu
d’alliance, qui préparait un accomplissement formidable des
promesses faites depuis les débuts.
Dieu lui-même, voulant nous rejoindre et se faire proche, est
venu chez nous en personne. Il s’appelait Jésus de Nazareth. Il
s’est manifesté en lui comme un être de paix et d’amitié, d’une
grande bonté. Jésus se disait l’envoyé du Père; il avait pour
chacun, chacune des paroles de réconfort, de compassion, de
réconciliation; une force de guérison se dégageait de lui. Il est
allé à l’extrême du don de lui-même. Il a souffert la passion, il
est mort sur la croix. Mis au tombeau, il est ressuscité.
Retourné auprès du Père, il a voulu, dans l’Église qu’il a
fondée, prolonger son action et sa présence auprès de notre
humanité. Cette présence, elle demeure active pour nous dans
les sacrements, et notamment dans le sacrement de
l’Eucharistie, le sacrement par excellence où Jésus se livre à
nous dans ce qu’il y a de plus expressif de son amour, le don
qu’il nous a fait jadis de lui-même. Car, maintenant, notre
porte d’entrée chez Dieu, c’est le Christ. En lui le Père, nous
appelle et nous parle. C’est en lui, dans la communion de
l’Esprit, que nous avons rendez-vous pour déjà savourer les
prémices du bonheur promis.
La Trinité, nous pouvons la vivre du dedans, comme dans une
merveilleuse famille à laquelle il nous serait donné
d’appartenir. C’est une expérience d’amour que nous pouvons
vivre, une intime et intense communion avec Dieu. « Voici
que je me tiens à la porte, et je frappe, dit le Seigneur. Si
quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez
lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » Or
quand le Seigneur s’amène dans notre vie, ils sont trois déjà
qui nous tiennent compagnie. Ils viennent faire chez nous leur
demeure, si nous sommes fidèles à leur consigne, qui est de
nous aimer les uns les autres. À nous d’ouvrir notre cœur aux
autres et d’appeler ainsi à force  d’amour la divine présence du
Seigneur.
Saint Paul dira même que « l’amour de Dieu a déjà été
répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été
donné. » Faisons donc honneur à ce don précieux! Aimons-
nous les uns les autres et laissons-nous ainsi aimer par Dieu!
Qu’il vienne chez nous à demeure, pour qu’un jour nous
puissions aller demeurer chez lui pour toujours.

 

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