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Dabealvi.La Sentinelle en mode veille - Centrafrique M.E.R.C.I

CENTRAFRIQUE: Délestages en Afrique: sortir de l’impasse

10 Octobre 2018 , Rédigé par dabealvi.over-blog.com Publié dans #PANNEAUX SOLAIRES EN CENTRAFRIQUE - LA PAIX AVEC L ' ELECTRICITÉ POUR TOUS

 
  • Les délestages récurrents en Afrique handicapent sérieusement le développement et accentuent la double fracture électrique et numérique
  • Au regard des pratiques en cours dans
  • le secteur de l’énergie, les Etats africains doivent y promouvoir une meilleure gouvernance et pratiquer la "vérité des prix"
  • Ils doivent en outre encourager la recherche, promouvoir l’innovation et rompre avec le fétichisme 

Si les délestages sont subitement devenus monnaie courante, à un moment donné du processus de développement des Etats africains, c’est bien parce que, du fait de leur relative vétusté et de leurs faibles capacités, les systèmes mis en place au lendemain des indépendances ne sont plus en adéquation avec les besoins sans cesse grandissants, consécutifs à l’explosion démographique et à l’évolution de l’appareil de production qui ont été enregistrées, en l’espace de quelques décennies, et dont il a été malheureusement fait peu de cas. 
 
En conséquence et selon toute vraisemblance, il se pose un grave problème de gouvernanceet de compétences, les deux allant souvent de pair.
 
A ce propos, il n’est d’ailleurs pas superflu de faire remarquer que tout a été déjà dit et redit, par les voix les plus autorisées, aussi bien en ce qui concerne le diagnostic que pour ce qui est de la thérapie devant être administrée afin de résoudre la crise de l’énergie en Afrique.
 
Comme on peut bien s’en douter, je n’ai donc nullement, ici, la prétention de réinventer la roue, s’agissant d’un sujet ayant fait l’objet, à ce jour, d’innombrables études émanant d’experts et d’institutions spécialisées dont la réputation est établie à l’échelle mondiale. Tant s’en faut. Je me contenterais plutôt, très modestement, de rappeler, en leurs grandes lignes, quelques-unes des causes identifiées et des recommandations formulées au terme desdits travaux et qui me paraissent devoir prioritairement retenir l’attention.
 
Dans cet ordre d’idées, pourraient être incriminés, au titre des causes profondes des délestages, les facteurs ci-après :

 


 
  • Small Redsquare Pendant très longtemps, la faiblesse relative de la part des budgets nationaux alloués au secteur énergétique n’a pas permis de financer convenablement les investissements devant assurer le renouvellement des équipements afin qu’ils puissent répondre efficacement à l’évolution quasi exponentielle des besoins.
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  • A cela s’ajoute le fait que l’énergie électrique est vendue à un prix largement subventionné, bien en-deçà du prix de revient. Conjugué à l’étroitesse des marchés intérieurs de nos micro-Etats, cela ne permet pas de couvrir les charges d’exploitation et de dégager une marge suffisante, susceptible d’être affectée au financement des investissements d’un secteur à forte intensité capitalistique.
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  • Small Redsquare Malgré le niveau relativement élevé des subventions dont bénéficie l’énergie électrique, il ressort d’une récente enquête menée par l’hebdomadaire Jeune Afrique, que les tarifs auxquels sont soumis les Africains seraient parmi les plus élevés de la planète, alors que les coupures de courant électrique sont fréquentes. A titre d’illustration et selon cette étude, le consommateur africain paierait en moyenne 14 cents de dollar (13 centimes d’euro) son kilowattheure, quand son homologue d’Asie du Sud ne débourserait que 4 cents pour la même quantité d’énergie.
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  • Par ailleurs, une famille résidant dans une grande ville d’Afrique consacrerait environ 30% de ses revenus à l’énergie et, notamment, au paiement de sa facture d’électricité. Un tarif qui n’est pas toujours synonyme de qualité de service, certains pays comme le Nigeria accusant jusqu’à 260 heures de coupure dans un même mois. Au nombre des causes de cette cherté, figureraient: (i) le prix du fuel servant à alimenter les centrales électriques, (ii) des réseaux inadaptés, et (iii) le manque d’investissements déjà pointé supra. 
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  • Small Redsquare La faiblesse des crédits budgétaires affectés à la recherche et à l’innovation technologique dans le secteur énergétique n’est pas de nature à prévenir le risque particulièrement élevé d’obsolescence qui caractérise ce secteur, à un moment où, fort paradoxalement, il est de plus en plus question d’explorer des sources alternatives d’énergie. Ce qui requiert des ressources financières conséquentes 
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  • Small Redsquare On observe des lenteurs excessives et beaucoup de dysfonctionnements dans l’opérationnalisation effective des initiatives communautaires (projets sous-régionaux d’interconnexion ou de réalisation et d’exploitation d’infrastructures d’envergure tels que les barrages hydroélectriques et assimilés) censées optimiser les coûts de structure via de substantielles économies d’échelle inhérentes à la taille critique des programmes concernés et partant, améliorer sensiblement la rentabilité et les performances du secteur. 
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  • Small Redsquare Comme dans d’autres secteurs, les politiques de formation du personnel en vigueur ne sont pas toujours en adéquation, notamment d’un point de vue qualitatif, avec les besoins réels. En particulier, l’exigence de synchronisation et de mise en cohérence entre d’une part, l’ingénierie de la formation et d’autre part, l’ingénierie opérationnelle des projets, est rarement observée.
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  • Il s’ensuit un retour sur investissement-formation très aléatoire qui, par ailleurs, est de nature à impacter négativement la productivité de la ressource humaine et les capacités d’innovation du secteur ainsi que la qualité globale de son management. 

Il s’observe, en matière de recouvrement de créances auprès d’un certain nombre d’institutions étatiques, parapubliques et assimilées, un laxisme coupable qui ne fait qu’obérer davantage un équilibre financier déjà précaire par nature.
 
La mobilisation des ressources en faveur du développement du secteur énergétique est loin d’être optimale, dans la mesure où des pans entiers du marché international des capitaux demeurent inexplorés à ce jour, alors même que nous nous trouvons en présence d’une problématique éminemment transversale qui – à un titre ou à un autre et eu égard à la fulgurante montée des interdépendances qui caractérisent le fonctionnement de l’économie mondiale contemporaine – , interpelle et intéresse les plus grands décideurs de ce monde.
 
Enfin, telle l’Arlésienne, le fameux mix énergétique optimal devant consister en une judicieuse combinaison de différentes sources d’énergies tant traditionnelles et fossiles que renouvelables (en fonction des contraintes technologiques et de coûts), peine toujours à se réaliser à grande échelle, sous nos latitudes tropicales, quand bien même quelques expériences pilotes isolées se feraient remarquer çà et là sur le continent et mériteraient d’être encouragées.
 

 

 

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